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A partir du 10 avril 2011, Punta della Dogana présente l’exposition Éloge du doute, dirigée par Caroline Bourgeois.

Cette exposition rassemble pièces historiques et productions nouvelles, dont plusieurs projets spécialement conçus pour le site, autour de l’idée du trouble, de la remise en question des certitudes sur l’identité, sur le rapport à l’espace de l’intime et à l’espace de l’œuvre.

De la vingtaine d’artistes présentés dans Éloge du doute, près de la moitié n’a encore jamais été montrée dans les précédentes expositions de la Collection François Pinault.

ProposModifier

Éloge du Doute propose un parcours thématique sur la force et la fragilité de la condition humaine, s’appuyant sur des œuvres emblématiques des années 1960, et allant jusqu’aux créations les plus contemporaines. L'exposition tend à célébrer le doute dans son aspect le plus dynamique, dans sa force à défier les préjugés, les conventions, et les certitudes. L’idée est d’ouvrir le champ des interrogations possibles pour repousser les limites que chacun s’impose et pour tenter de réinventer le regard qu’on porte sur soi et sur le monde qui nous entoure.

La spécificité architecturale de la Pointe de la Douane accentue le propos. Chaque artiste est présenté dans un espace dédié et cependant ouvert aux autres grâce aux transparences et passages propres au lieu. Ce cheminement contribue à créer une confrontation originale entre les différents points de vue exprimés, radicaux, engagés, sensibles, insolents.

Cette exposition présente des créations in situ, notamment de Julie Mehretu et de Tatiana Trouvé, et témoigne de la contribution active de certains d’entre eux à la sélection des œuvres.

L’approche minimale du sculpteur Donald Judd, à l’entrée de l’exposition, tend à fondre l’esthétique dans la sensation, tandis que les trophées dévoyés de Maurizio Cattelan et David Hammons, tentent de saisir le sens de cette envie de possession, signe extérieur d’un certain pouvoir.

Dans une autre séquence Roxys d’Edward Kienholz, première installation de l’artiste (1962) et jalon majeur de l’histoire de l’art contemporain, interroge les pulsions inavouées de l’homme. Dans le même esprit, Paul McCarthy porte un regard ironique sur les clichés que sont la femme-objet et l’homme conquérant.

La question de la violence de groupe est abordée par Marcel Broodthaers, qui propose avec Décor une mise en scène des restes du théâtre de nos guerres, tandis que Thomas Houseago reprend l’idée de la figure humaine dans son absurdité. Aux limites de la solidité et d’une extraordinaire fragilité, Well and Truly (2010) de Roni Horn, propose une expérience physique, qui ébranle toute certitude sur l’identité.

Le groupe des neuf gisants de Maurizio Cattelan All (2008), invite à la réflexion sur l’anéantissement de l’individualité dans la mort. Prolongeant ces questions existentielles, les installations de Chen Zhen abordent les notions de tradition, d’exil, de survie. Thomas Schütte, examine, avec ses figures fantomatiques, la complexité des relations entre l’espace privé, subjectif, et l’espace public, politique.

L’ensemble de Sigmar Polke, Axial Age, s’appuie sur des références classiques pour en brouiller la temporalité. En se réappropriant l’exposition historique et iconique de Marcel Duchamp, Sturtevant propose un débat sur la question de l’originalité, de l’aura et du pouvoir (masculin) de l’objet comme oeuvre d’art. La notion d’objet, et de son statut dans l’art, est abordée dans la série des Popeye de Jeff Koons, dans une proposition « pop » d’une vie idéale ou, d’une toute autre façon, dans les œuvres de Subodh Gupta, qui interroge le multiculturalisme et le monde global dans lequel nous vivons.

La grande salle centrale de la Pointe de la Douane, le «Cube», abrite l’une des deux productions spécialement commandées pour l’exposition, celle de Julie Mehretu. Elle a réalisé deux grands tableaux nourris de son travail de recherche sur l’histoire de la ville de Venise, son architecture, ses réseaux, mais aussi l’histoire de l’art et la philosophie de la Renaissance. Tatiana Trouvé porte son attention sur la notion de travail, la perception du dehors et du dedans, les traces du temps, l’artiste s’est souvenu de l'usage initial de la Douane de mer, lieu d’entrée et de sortie des marchandises, repensé comme le lieu de passage de ses propres œuvres et de leurs fantômes.

Bruce Nauman s’inspire des contraintes mentales et physiques qui enserrent les gestes corporels pour aboutir à des formes inattendues. Adel Abdessemed aborde les conséquences de gestes ou de réflexions, souvent politiques, et Elaine Sturtevant produit la vidéo Finite Infinite (2010) d’un chien dont la course effrénée renvoie à certaines de nos vaines obsessions.

Artistes présentésModifier

  • Adel Abdessemed né en 1971 à Constantine, Algérie. Il vit et travaille à Paris, France.
  • Marcel Broodthaers [zw], né en 1924 à Bruxelles, Belgique. Décès en 1976.
  • Maurizio Cattelan, né en 1960 à Padoue, Italie. Il vit et travaille entre Milan, Italie et New York, États-Unis.
  • Chen Zhen, né en 1955 à Shanghai, Chine. Décès en 2000.
  • Subodh Gupta [zw], né en 1964 à Khagaul, Inde. Il vit et travaille à New Delhi, Inde.
  • David Hammons [zw], né en 1943 à Springfield, États-Unis. Il vit et travaille à Los Angeles, États-Unis.
  • Roni Horn [zw], née en 1955 à New York, États-Unis. Elle vit et travaille à New York, États-Unis.
  • Thomas Houseago [zw], né en 1972 à Leeds, Angleterre. Il vit et travaille à Los Angeles, États-Unis.
  • Donald Judd, né en 1928 à Excelsior Springs, États-Unis. Décès en 1994.
  • Edward Kienholz, né en 1927 à Fairfield, États-Unis. Décès en 1994.
  • Jeff Koons, né en 1955 à York, Etats-Unis. Il vit et travaille à New York, États-Unis.
  • Paul McCarthy, né en 1945 à Salt Lake City, États-Unis. Il vit et travaille à Los Angeles, États-Unis.
  • Julie Mehretu, née en 1970 à Addis Abeba, Éthiopie. Elle vit et travaille à New York, États-Unis.
  • Bruce Nauman, né en 1941 à Fort Wayne, États-Unis. Il vit et travaille à Galisteo, États-Unis.
  • Sigmar Polke, né en 1941 à OleŚnica, Pologne. Décès en 2010.
  • Charles Ray, né en 1953 à Chicago. Il vit et travaille à Los Angeles.
  • Thomas Schütte, né en 1954 à Oldenbourg, Allemagne. Il vit et travaille à Düsseldorf, Allemagne.
  • Elaine Sturtevant, née en 1930 à Lakewood, États-Unis. Elle vit et travaille entre Paris, France et New York, États-Unis.
  • Tatiana Trouvé, née en 1968 à Cosenza, Italie. Elle vit et travaille à Paris, France.

GalerieModifier

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