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Éric Rohmer, de son vrai nom Maurice Henri Joseph Schérer, réalisateur de cinéma français, né le 4 avril 1920 à Tulle (Corrèze), mort le 11 janvier 2010 à Paris. Il est le frère du philosophe René Schérer.

Voir Éric Rohmer

BiographieModifier

Rohmer est d'abord professeur de lettres, germaniste et écrivain. Il publie un roman, Élisabeth, en 1946, sous le pseudonyme de Gilbert Cordier.

Rohmer écrit ensuite pour différentes revues, et fonde La Gazette du cinéma où il fait la connaissance de Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, François Truffaut, ou encore Claude Chabrol — avec lequel il signe en 1957 un livre sur Alfred Hitchcock.

Ce groupe se dirige d'abord vers la critique, au sein des Cahiers du cinéma, dont Rohmer devient rédacteur en chef de 1957 à 1963.

Ils vont rapidement fonder ce qui deviendra « la Nouvelle Vague ». En 1959 il réalise son premier long-métrage, Le Signe du lion, un film à l'aspect très novateur (étonnant, pour l'époque, dans ses digressions et son sens du rythme lent), sorti sans grand succès trois ans plus tard. En 1962, il crée avec Barbet Schroeder, la société Les Films du Losange, qui produira la majorité de ses films.

La même année, il entame un cycle de six films baptisé Contes Moraux. Ce sont des intrigues sentimentales sur des thèmes chers au cinéaste (l'amour et le hasard, le destin), sur un canevas commun : le choix de la femme, la tentation de l'infidélité puis le retour vers l'élue. Son style fera aussi sa marque, entre profondeur, raffinement et légèreté. Les dialogues y sont souvent sophistiqués et très littéraires. Sa direction d'acteur est assez épurée et sa mise en scène simple et efficace. Ma nuit chez Maud (1969), et Le Genou de Claire (1970, Prix Louis-Delluc) sont particulièrement remarqués.

À noter que pour des raisons de production, le troisième conte, Ma Nuit chez Maud, fut tourné en 1969 après le quatrième La Collectionneuse en 1967.

Les Comédies et Proverbes forment le deuxième grand cycle, où chaque film illustre à sa manière une phrase tirée de la sagesse populaire, inventée pour les besoins de la cause le cas échéant.

Dans cette série, Le Rayon vert (1986), film en partie improvisé obtient le Lion d'Or à Venise

Les années 1990 sont marqués par les Contes des quatre saisons, dans lesquels le cinéaste poursuit son exploration des jeux et des hasards amoureux.

Simultanément, il réalise des films hors de ses séries, comme La Marquise d'O (1976, d'après Heinrich von Kleist), Perceval le Gallois (1979, d'après Chrétien de Troyes) ou les Quatre aventures de Reinette et Mirabelle (1987).

Rohmer est un exemple parfait du cinéma d'auteur à la française en écrivant seul ses scénarios qu'ils soient originaux ou adaptés d'œuvres littéraires comme La Marquise d'O (1976) ou Perceval le Gallois (1978).

Il choisit souvent de jeunes comédiens inconnus mais fait aussi appel à des acteurs confirmés comme Jean-Louis Trintignant (Ma nuit chez Maud, 1969) ou André Dussollier (Le Beau Mariage, 1982).

Éric Rohmer a révélé Arielle Dombasle, Pascal Greggory et Fabrice Luchini, qui sont devenus de grands acteurs du cinéma français. Rohmer est toujous resté très discret sur sa vie privée. Marié en 1957 à Thérèse Barbet, il a un fils, le journaliste René Monzat. Éric Rohmer est mort le 11 janvier 2010, à Paris

FilmographieModifier

(Les chiffres identifient les films qui font partie des « séries » de Rohmer)

Les courts métragesModifier

  • Journal d'un scélérat (1950)
  • Présentation ou Charlotte et son steak (1951)
  • Les petites filles modèles (1952)
  • Bérénice (1954)
  • La Sonate à Kreutzer (1956)
  • Véronique et son cancre (1958)
  • Nadja à Paris (1964)
  • Paris vu par..., sketch Place de l'Étoile (1965)
  • Une étudiante d'aujourd'hui (1966)
  • Fermière à Montfaucon (1967)
  • Loup, y es-tu ? (1983)
  • La cambrure (1999)
  • Le Canapé rouge (2005)

Les longs métragesModifier

Six contes morauxModifier

  1. La Boulangère de Monceau (1962)
  2. La Carrière de Suzanne (1963)
  3. Ma nuit chez Maud (1969)
  4. La Collectionneuse (1967)
  5. Le Genou de Claire (1970), prix Louis-Delluc
  6. L'Amour l'après-midi (1972)

Comédies et proverbesModifier

  1. La Femme de l'aviateur ou « On ne saurait penser à rien », antithèse de l'œuvre de Musset, On ne saurait penser à tout, (1981)
  2. Le Beau Mariage, « Quel esprit ne bat la campagne qui ne fait château en Espagne » de La Fontaine, (1982)
  3. Pauline à la plage, « Qui trop parole, il se mesfait » de Chrétien de Troyes, (1982) ; Eric Rohmer obtient l' Ours d'argent du meilleur réalisateur pour ce film.
  4. Les Nuits de la pleine lune, « Qui a deux femmes perd son âme, qui a deux maisons perd sa raison », proverbe de la province de Champagne, (1984)
  5. Le Rayon vert, « Que le temps vienne où les cœurs s'éprennent », vers extraits du poème Chanson de la plus haute tour d'Arthur Rimbaud, (1986)
  6. L'Ami de mon amie, proverbe populaire « Les amis de mes amis sont mes amis », (1987)

Les Contes des quatre saisonsModifier

1. Conte de printemps (1989)
2. Conte d'hiver (1991)
3. Conte d'été (1996)
4. Conte d'automne (1998)

Les drames historiquesModifier

Téléfilms Modifier

  • 1979 : Catherine de Heilbronn
  • 1989 : Les Jeux de société


Retrouvez tous les détails de la filmographie de Éric Rohmer sur sa fiche IMDB

Ouvrages d'Eric Rohmer Modifier

  • 1946 : La Maison d’Elisabeth, Gallimard, Paris, réédition 2007 (ISBN 9782070785155)
  • 1974 : Six Contes moraux, L'Herne, Paris, réédition 2003 (ISBN 9782851977076)
  • 1988 : Le Trio en mi bémol, théâtre, Actes Sud Papiers, Arles, (ISBN 9782869431232)
  • 1994 : Le Goût de la beauté, recueil de textes, Éditions Cahiers du Cinéma
  • 1998 : De Mozart en Beethoven, essai sur la notion de profondeur en musique, Actes Sud, Arles, (ISBN 9782742719600)
  • 2000 : Organisation de l'espace dans le Faust de Murnau, Petite Bibliothèque des Cahiers du cinéma , Paris, (ISBN 9782866422578)
  • 2008 : Éric Rohmer 3, Contes des quatre saisons et Tragédies de l'histoire, sous la direction de Yannick Mouren ; avec des études de Didier Coureau, Suzanne Liandrat-Guigues, Joel Magny , Lettres modernes Minard (Études cinématographiques)
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