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Ayako Wakao (若尾文子 Wakao Ayako), née le 8 novembre 1933 à Tokyo, est une actrice japonaise.

Biographie Modifier

Issue de l'école de la Daiei, elle obtint son premier rôle à l'âge de dix-huit ans, en 1952. Remarquée pour sa beauté, elle tourna ensuite avec Kenji Mizoguchi dans Les musiciens de Gion, puis dans le dernier film de celui-ci, la Rue de la honte.

A la fin de ces années 1950, l'étendue de son talent apparaissait déjà, de Jeune fille sous le ciel bleu de Yasuzo Masumura à Herbes flottantes de Yasujirō Ozu. Dans les années 1960, elle devint l'actrice principale de Masumura, qui en fit autant le modèle de la nouvelle femme japonaise que de la femme éternelle. Leur collaboration cessa en 1969 et marqua la déclin de la carrière de Wakao. Par la suite, elle joua surtout dans des séries télévisées.

EntretienModifier

Extraits d'un entretien de novembre 1990 par Max Tessier, lors du Festival des Trois Continents de Nantes à propos de Masumura:

Venons-en à Masumura, avec qui vous avez tourné une vingtaine de films. A partir de quand avez-vous tenu des rôles importants dans ses premiers films ? Est-ce vers 1957-1958 ?

Je n'ai pas joué dans son premier film, Le Baiser (Kuchizuke, 1957), mais dès le second, Une jeune fille sous le ciel bleu (Aozura musume, 1957), où j'ai tout de suite tenu le premier rôle féminin, ainsi que dans les films suivants.

Pensez-vous qu'il a vraiment changé votre image dans le cinéma japonais, de la "pure jeune fille" à la "femme fatale" qui séduit les hommes et les conduit à leur perte ?

Oui, c'est lui. D'ailleurs, j'étais dans une période de transition, entre l'adolescence et l'âge adulte, et c'est à cette époque charnière qu'il m'a rencontrée.

Quels ont été, selon vous, les rôles les plus importants que vous ayez interprétés dans ses films ? Le rôle que je préfère est celui de La Femme de Seisaku (1965), mais celui qui m'a rapporté le plus de récompenses et qui a le mieux contribué à ma réputation d'actrice est Confessions d'une épouse (1961). A part cela, j'en ai tellement interprété que je ne me les rappelle plus !

Et L'Ange rouge ? C'est le seul film de Masumura où vous jouez qui soit sorti en France. Comment a-t-il été apprécié au Japon ?

Je ne l'ai jamais vu et je ne m'en souviens pas bien. Je crois que c'était un sujet plus international. En fait, lorsque j'ai tourné ce film, cela faisait longtemps que je travaillais avec Masumura, et je lui opposais un peu plus de résistance qu'au début.

Vous souvenez-vous néanmoins du tournage du Gars des vents froids (1960), avec Yukio Mishima en yakuza ?

Oui, tout à fait. C'est lui qui a demandé à ce que je tienne le rôle féminin à ses côtés. Mishima était déjà un auteur très connu et tentait beaucoup d'expériences en dehors de la littérature. Par jeu, il a voulu être acteur, et c'est la première fois qu'il a eu un vrai rôle au cinéma, dirigé par un vrai metteur en scène. D'ailleurs, Masumura l'a un peu "torturé" dans ce rôle de yakuza : Mishima n'avait pas le bon rythme corporel, il ne savait pas se mouvoir comme un "vrai" gangster. Il y avait donc une certaine tension entre les deux hommes, mais Mishima a eu l'intelligence de suivre les conseils de Masumura : ce n'était pas si simple de jouer, et il a dû le reconnaître.

On a l'impression que Masumura était quand même un peu amoureux de vous pour vous avoir dirigée aussi longtemps. Pygmalion est-il vraiment tombé amoureux de son modèle ?

Non, je ne le pense pas. C'est peut-être difficile à croire, mais nous n'avions aucune relation personnelle, seulement des conversations de travail, et grâce à cela, sans doute avions-nous des relations plus profondes que d'habitude. De plus, comme nous avons travaillé très longtemps ensemble, cela a réduit la distance entre nous. Masumura avait de très bons côtés professionnels, mais par moments il pouvait devenir détestable. En réalité, je pense qu'il a pu tomber amoureux de l'actrice, du personnage qu'il avait modelé, mais pas de la femme elle-même. Lui, il m'a beaucoup impressionné comme metteur en scène, non en tant qu'homme.

Quand et comment avez-vous cessé votre collaboration ? Le dernier film que vous ayez tourné ensemble était Nuée d'oiseaux blancs (Sembazuru), juste avant la faillite de la Daiei au tournant des années soixante-dix ?

Oui, c'est effectivement à cette époque que nous avons cessé notre collaboration. Il est venu me voir plus tard, quand j'ai fait mes débuts au théâtre, et il m'a téléphoné une fois, c'est tout, aussi improbable que ça puisse paraître !

Filmographie sélectiveModifier

Ayako Wakao a tourné plus de 100 films dont :


Retrouvez tous les détails de la filmographie de Ayako Wakao sur sa fiche IMDB

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