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La bataille de Moislains est une brève escarmouche très meurtrière, pendant le premier mois de la Première Guerre mondiale. Moislains est une commune française, située dans le canton de Péronne, département de la Somme en région Picardie. Cette bataille se situe le 28 août 1914.

Les combatsModifier

Envoyés « à marche forcée » au nord de la Picardie, les 307e et 308e Régiments d'infanterie avaient pour mission de retarder l’avancée allemande sur Paris et d’éviter l’encerclement d’un corps expéditionnaire anglais fort de 74 000 hommes.

Le compte rendu officiel est bref, sec et laconique:

  • 28 août 4h
    Le 308e, tête du gros de la colonne se porte sur Péronne. Brouillard intense. Subitement le 307e est accueilli en face de Moislains, au sud du bois de Vaux, par un feu violent d'infanterie, que vient bientôt soutenir l'artillerie.
  • 9 heures. le 308e se déploie et subit de grosses pertes. Attaqué par un ennemi retranché, supérieur en nombre, et menacé sur ses arrières et ses flancs, il doit battre en retraite par Rocquigny... vers Arras, où il arrive à 21 h 30

Pertes: 16 officiers tués blessés ou disparus, 732 sous officiers, caporaux et soldats tués, blessés, prisonniers ou disparus (sur un effectif total de 2200 hommes)

Quelques années plus tard les historiens sont plus loquaces:

Le 28 août 1914, une terrible bataille a décimé les troupes du 307e et 308e RI d’Angoulême commandées par le colonel Gary. Cette offensive s’est déroulée à Moislains, en Picardie. À 7 h 30, la tête de la colonne atteint la ferme du Gouvernement, installée entre les bois de Saint-Pierre Waast et celui de Vaux. Vers 8 heures, les dragons viennent buter sur les avant-postes ennemis. Des deux côtés, on échange des coups de fusil.

Les combattants tirent au jugé tant le brouillard est dense. Vers 9 heures, les patrouilles détachées des 19e et 2 e compagnies du 307e RI reçoivent l’ordre d’avancer vers les lisières du village. Là, les éclaireurs se trouvent confrontés à des cavaliers allemands contre lesquels ils doivent croiser la baïonnette. Les fantassins allemands ouvrent le feu et un déluge d’obus s’abat sur les deux compagnies qui se rabattent sur le bois de Vaux. Deux compagnies du 308e RI arrivent à la rescousse, mais voyant les soldats ennemis fondre sur elles pour les encercler, elles se replient sur le chemin de la Croix où les attendent les rescapés du 307e .

Avec la dissipation du brouillard, l’ennemi s’aperçoit qu’il n’a en face qu’un petit nombre d’adversaires. L’artillerie vient alors prendre position au lieu-dit Valigout et des mitrailleuses campent sur le chemin de la Croix pour un tir croisé. En quelques instants c’est l’hécatombe. Les blessés et les morts gisent au fond du chemin. À midi la cavalerie allemande charge et sabre les derniers combattants sur la plaine dominant Moislains. La bataille a duré quatre heures.

Ce qu'ils oublient de dire, c'est que l'ampleur du désastre vient aussi de l'affrontement entre, coté français, deux régiments de réservistes, mobilisés moins d'un mois avant et côté allemand, une armée d'active commandée par le général Von Kluck, qui sera par ailleurs décoré pour cette bataille.

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Le monument aux Charentais de MoislainsModifier

La Bataille de Moislains fut brève et meurtrière pour plus de 600 réservistes charentais des 307e et 308e régiments d'infanterie. Vers midi les troupes françaises se replient. Dans l'après-midi, la population non évacuée de Moislains est autorisée à venir secourir ceux qui peuvent encore l'être. Dès lors et les jours suivants, une chaîne de solidarité sous forme de soins, de nourriture et de réconfort va s'installer. Une carte postale de 1921 montre un cimetière très sommairement aménagé.

Le 31 Août 1924, à l'initiative des deux collectivités (La Charente et la Somme) un ossuaire et un cimetière sont inaugurés au lieu dit « le chemin de la Récrière ». Moins d'une centaine de tombes individuelles, avec un nom identifié sont situées de chaque côté de l'ancien chemin.

Le Monument des Charentais domine ce modeste cimetière. Son assise vient d'une carrière de Charente.

Un coffre en bois réalisé avec un chêne du Puy de Nelle à Champniers est déposé devant ce monument depuis 1960, coffre qui renferme plusieurs échantillons de terre provenant des villages d'origine des combattants disparus. L’initiative en revient à Gaston Rofidal, sous-officier pendant la guerre 14-18, et dont le passage dans le secteur de l'Oise devait décider profondément du reste de sa vie.

Avec le temps la mémoire ne faiblit pas puisque des familles ont fraternisé et que tous les ans, le dernier dimanche d'Août, simultanément à Moislains et à Angoulême une cérémonie honore la mémoire de ces Charentais, morts dans ce village Picard.

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Le Monument
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Le modeste cimetière
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