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Le Bouddisme Hīnayāna ou « petit véhicule », est un terme sanskrit couramment employé pour désigner le bouddhisme theravāda et les dix-huit écoles anciennes.

Le terme désignait à l’origine (Ier-IIe siècles) une perspective individuelle (par opposition à universelle) de la libération, et non un courant défini. Par la suite, il a été appliqué par les pratiquants du bouddhisme mahāyāna ou « grand véhicule » à tous les courants qui semblaient privilégier comme but de la pratique la libération individuelle plutôt que la libération universelle de tous les êtres, et dont le seul survivant actuel est le theravāda. Ce terme peut parfois avoir une connotation péjorative, définissant le hīnayāna comme « égoïste » par rapport au mahâyâna « altruiste ».

Il est encore préférable d'appeler les écoles du salut individuel: véhicule des « Auditeurs », Shrāvakayāna, où auditeur désigne les moines et disciples qui ont reçu - écouté - et mis en pratique les enseignements du Bouddha Shākyamuni. Une autre étymologie fait des shrāvakas des déclarants, c'est-à-dire qu'ils ont affirmé leur prise de refuge dans les Trois joyaux.

On peut encore l'appeler voie des « Arhats » (pali:Arahant), les méritants qui ont accompli l'enseignement, qui ont radicalement vaincu et éliminé les illusions et passions, se sont extirpé du courant du samsāra, et ont donc atteint le nirvāna. Ils représentent l'idéal même de cette voie, là où les bodhisattvas et les mahāsiddhas sont l'idéal du mahāyāna et du vajrayāna respectivement.


Courants rangés dans la catégorie hînayânaModifier

  • Theravâda

Écoles anciennesModifier

Après la mort du Bouddha, plusieurs écoles (nikâya) fleurirent. Les divergences au sujet de la doctrine ou de la pratique religieuse menèrent à un schisme qui se révéla pleinement lors du troisième concile (vers 250 avant notre ère), sous le règne d'Ashoka.

Les Anciens ou Sthaviravadin (même racine que thera), souhaitaient rester fidèles aux seuls préceptes du Bouddha et même s'en rapprocher davantage, alors que les membres de la Grande assemblée ou Mahasanghika désiraient réagir contre ce « conservatisme » et adapter l'enseignement du Bouddha pour le rendre plus accessible. Bien que la raison exacte de la dispute diffère selon les sources, certaines évoquent l'hérésie de Mahadeva qui, remettant en question la perfection de l’arhat, préfigure la divergence mahâyâna/hînayâna qui apparaîtra un à deux siècles plus tard.

Le groupe des Sthaviravadin continua de se diversifier. On avance le nombre, sans doute symbolique, de dix-huit écoles, dont le theravâda serait le seul héritier de nos jours.

  • Kosa ou Abhidharma, école chinoise vraisemblablement dérivée du Sarvāstivāda indien, connue pour accorder de l'importance aux digressions philosophique sur la réalité ultime des phénomènes ;
  • Satysiddhi ou Cheng-se, école chinoise dont l’origine indienne exacte est inconnue ; on suppose qu'elle descend de la Mahīçasāka.
  • Sarvāstivādin (nord de l'Inde) ;
  • Mahīçasāka ;
  • Bahyanumeyavada des Sautrantrikas, où les objets externes ne peuvent qu'être perçus indirectement par l'inférence de l'esprit (« réalisme indirect ») ;
  • Bahya-Pratyakshavada des Vaibhashikas, école fondée au Cachemire, où les objets externes sont perçus directement (« réalisme direct ») ;
  • écoles theravadin :
    • Mahā-nikaya (Indochine), influencée par le Mahīçasāka, les Sarvāstivādin, le Mahāyāna et même le tantrisme ;
    • Dhammayutika-nikaya, apparu au milieu du XIXe siècle, réforme cherchant à renouer avec l'orthodoxie du Theravâda cinghalais ; cette lignée ne cesse, depuis 150 ans, de se développer en Thaïlande, au Laos et au Cambodge.

Voir aussiModifier

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