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Dancer in the Dark est un film co-produit internationalement, réalisé par Lars von Trier et sorti en salle en 2000.

Analyse critiqueModifier

Dans les années 1960, Selma, immigrée tchécoslovaque, s'installe dans une petite ville industrielle des Etats-Unis, avec son fils Gene, âgé de douze ans. Atteinte d'une maladie héréditaire qui menace de la rendre aveugle, Selma travaille à l'usine de tissage au delà de ses capacités et au mépris des règles de sécurité.

Elle tente de réunir assez d'argent pour pouvoir payer l'opération qui devrait préserver son fils de la même maladie et de la cécité. Fuyant ses préoccupations quotidiennes grâce à la musique et à la danse, elle participe à une comédie musicale montée par la chorale amateur de son quartier.

Mais Selma se fait voler toutes ses économies et se sacrifie complètement pour sauver quand même son fils.

Ce film est une comédie musicale triste, toujours aux limites du mélodrame larmoyant. Il respecte en grande partie son "Dogme95", pour un cinéma dépouillé, avec une camera mobile et sans artifice, sans toutefois y souscrire totalement, car il les trouvait déjà dépassées, tout en conservant un style quasi-documentaire (caméra portée notamment)..

La symbolique du sacrifice de la femme est moins riche que dans " Braking the waves ". Le film constitue de plus une critique virulente des conditions de travail dans l'Amérique profonde et surtout, à la fin, un très fort plaidoyer contre la peine de mort aux Etats-Unis et ses injustices sociales.

L'ambiance est lourde, mais les passages musicaux équilibrent le tout et savent nous plonger dans une poésie qui fait l'un des attraits principaux du film. Les deux meurtres qui y sont perpétrés sont très heurtants.

Pour filmer les séquences dansées et chantées, Lars von Trier a utilisé simultanément cent petites caméras numériques, dans le but de donner aux numéros musicaux le style d'une véritable retransmission en direct. La plupart étaient cachées dans le décor, d'autres ont été effacées numériquement à l'image, et quelques unes étaient maniées par différents opérateurs, notamment pour les gros plans de Björk, difficiles à réaliser au vu de la grande taille des différents décors. Ce système amène naturellement à un découpage très haché aux plans courts et fixes, ce qui va à l'encontre des règles traditionnelles de la comédie musicale, plus habituée aux amples mouvements de caméra.

Les divergences de vue entre Björk et Lars von Trier ont souvent influencé le film durant le tournage. Lars von Trier aurait continuellement maintenu son actrice en état de faiblesse. Björk, apparemment très impliquée dans son rôle au point de le ressentir plus que de le jouer, se serait conduite de façon névrosée et excessive, quittant même le plateau pour quelques jours en plein milieu du tournage. Cette constante confrontation, très visible à l'écran, vient nourrir l'opposition violente entre l'idéalisme de Selma et le pathétique appuyé du récit qui amène l'héroïne de catastrophe en catastrophe.

DistributionModifier

Fiche techniqueModifier

  • Titre : Dancer in the Dark
  • Réalisation : Lars von Trier
  • Scénario : Lars von Trier
  • Production : Vibeke Windeløv, Peter Aalbæk Jensen, Lars Jönsson et Marianne Slot
  • Musique : Björk
  • Photographie : Robby Müller
  • Montage : François Gédigier et Molly Marlene Stensgård
  • Pays coproducteurs : Allemagne, Danemark, États-Unis, Finlande, France, Islande, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède
  • Durée : 140 minutes
  • Dates de sortie : 17 mai 2000 (festival de Cannes), 18 octobre 2000 (sortie nationale)

RécompensesModifier

NominationsModifier


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