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Djamila l'Algérienne ( Djamilah / جميلة ) film égyptien réalisé par Youssef Chahine, sorti en 1958.

Analyse critiqueModifier

Ce film est un des premiers et des rares films contemporains de la Guerre d'Algérie. Il est construit autour du cas réel de Djamila Bouhired, combattante de la bataille d'Alger durant la guerre d'Algérie et retrace assez fidélement la réalité de la lutte clandestine, dans laquelle le FLN utilisait des femmes, car celles-ci étaient moins contrôlées aux barrages.

Djamila Bouhired, née en 1935 dans une famille berbère de la classe moyenne, elle est scolarisée à l'école française. Elle rejoint le Front de libération nationale (FLN) durant ses années étudiantes. Elle travaille plus tard comme officier de liaison, membre du « réseau bombes » et assistante personnelle de Yacef Saadi, chef de la Zone Autonome d'Alger pendant la bataille d'Alger. Elle dépose, le 30 septembre 1956, une bombe qui n'explose pas dans le hall du Maurétania. Elle place une bombe au « Milk Bar » rue d’Isly à Alger un jeudi en 1956, attentat coûte la vie à 56 enfants. Elle recrute Djamila Bouazza qui, elle, dépose le 26 janvier 1957 une bombe très meurtrière au Coq Hardi.

En avril 1957, elle est blessée dans une fusillade et capturée par les parachutistes. Elle est soupçonnée d'être une poseuse de bombe, inculpée pour ses actes, torturée et condamnée à mort. Son exécution est stoppée par une campagne médiatique menée par Jacques Vergès et Georges Arnaud. Ils écrivent un manifeste, publié la même année aux Éditions de Minuit, Pour Djamila Bouhired. C'est, avec le livre d'Henri Alleg La Question, l'un des manifestes qui alertent l'opinion publique sur les mauvais traitements et les tortures infligés par l'armée aux combattants algériens. Devant le tollé international soulevé par sa condamnation, elle est finalement graciée et libérée en 1962.

Pour réaliser ce film, Youssef Chahine se rend en Algérie en pleine guerre d'indépendance pour rencontrer Djamila Bouhired, mais il n'y parvient pas. Son parcours est aussi évoqué dans la première partie du film L'Avocat de la terreur, consacré à Jacques Vergès.

Après le filmModifier

Après l'indépendance Djamila Bouhired se distingue par sa discrétion, loin des médias, des cercles officiels et de tous les lieux de pouvoir. Elle travaille avec Jacques Vergès, qu'elle épouse en 1965, sur Révolution africaine, un magazine centré sur les révolutions nationalistes africaines. Elle a eu deux enfants, Meriem et Liess Vergès, de son mariage avec Vergès.

En 2009, malade et pauvre, indignée devant l'indifférence des autorités algériennes, elle décide, comme un ultime recours, de lancer un appel à l'aide à ses concitoyens.

« Bonjour, je suis Djamila Bouhired, condamnée à mort en 1957 par le tribunal militaire d’Alger. » C‘est par ces mots que l’ex-combattante du FLN commence sa lettre publiée dans le quotidien El Watan. Elle y décrit son dénuement, sa maladie, sa détresse, comme un appel au secours, cette lettre a suscité un énorme élan de solidarité à son égard.

DistributionModifier

  • Magda Sabbahi : Djamilah
  • Ahmed Mazhar : Youssef
  • Salah Zulfikar : Azzam
  • Rushdy Abaza : Bigeard
  • Mahmoud El-Meliguy
  • Hussein Riad : Habib, kadi

Fiche techniqueModifier

  • Titre original : Djamilah ( جميلة )
  • Réalisation : Youssef Chahine
  • Scénario: Abder Rahman el Charkhani, Ali Esserkami, Youssef Essiabi, Naguib Mahfouz, Uadjih Nagib
  • Image: Abdel Asis-Fahmi
  • Sociétés de Production : Ideal-Titro, Magda
  • Date de sortie : 1958


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