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Doug Aitken plasticien contemporain américain né en 1968, à Redondo Beach, en Californie.

Biographie et œuvreModifier

Doug Aitken étudie l'illustration de magazine avec Philip Hays à l' Art Center College of Design à Pasadena avant d'être diplômé en beaux-arts en 1991. Il s'installe à New York en 1994 où il réalise sa première exposition personnelle à la 303 Gallery. Il vit et travaille actuellement à Venise, en Californie et à New York.

Le travail d'Aitken comprend la photographie, la presse écrite, la sculpture, les interventions architecturales, mais aussi des films expérimentaux, du son, des œuvres vidéo, des installations et enfin des performances. Les travaux de vidéo d'Aitken ont eu lieu dans des sites culturellement signifiants tels que Jonestown en Guyane, les mines de diamant de l'Afrique, et Bollywood en Inde. Pour lui, l’art est avant tout une histoire d’idées. Aitken ne se définit pas par l’utilisation de la toile, du bronze, de la vidéo, comme sont caractérisés, classiquement, peintres, sculpteurs et vidéastes. Il refuse la séparation entre les différents médias.

L’œuvre de Doug Aitken se déploie autour de ques­tions liées au paysage. C’est à l’aide de dispositifs technologiques raffinés qu’il intervient et entre en dialogue avec certains phénomènes naturels. Qu’il s’agisse d’œuvres cinématographiques ou d’installations sonores, souvent de grande ampleur, ses différents projets prennent leurs sources dans une observation attentive des lieux qu’il choisit : « c’est le processus qui me fascine : partir d’un lieu donné sans savoir ce qu’il va en surgir. »

Le travail de Doug Aitken n’est pas uniquement conceptuel. Il prend parfois des allures de véritables épreuves physiques. Lorsqu’il s’est lancé dans la réalisation de son projet intitulé Migration, Aitken a parcouru 8 500 kilomètres à travers l’Amérique. À chaque étape, il introduisait dans la chambre d’un motel les animaux indigènes de la région des États-Unis dans laquelle il se trouvait, cheval, bison, lynx, castor, renard, hibou.

Pour son projet Station to Station, Aitken a affrété un train de quinze wagons et voyagé d’une côte des États-Unis à l’autre. Il y avait installé un studio d’enregistrement, une salle de montage, et il a embarqué avec lui des artistes de toutes les disciplines. « Nous nous arrêtions chaque soir dans une ville, et nous laissions les choses se produire. Parfois, il y avait cinq mille personnes, comme à Chicago, parfois, cinq cents, comme à Winslow, dans l’Arizona. La culture est faite de différents médias,la musique, le cinéma, la danse, etc. Mais lorsqu’il y a conversation, la division disparaît. C’est juste un immense écosystème. Cette division étouffe la culture. Elle a besoin d’oxygène ».

Aitken est aussi connu pour ses photographies, qui explorent souvent la perturbation spatiale et temporelle et la suggestion narrative comme ses installations. Par exemple, Passenger , un groupe de photographies prises en 1999, montre des avions en vol, dont la plupart se concentrent sur les tracés de décollages et d'atterrissages dans des paysages aéroportuaires désolés. Aitken a créé des caissons lumineux en aluminium qui combinent l'image photographique et le texte. Prolongeant le thème du texte et de l'image, Aitken a produit des sculptures à partir de matériaux aussi divers que des plantes à l'intérieur de miroirs acryliques et kaléidoscopiques.

S’il aime briser les barrières entre les différents arts, Aitken cherche également à faire du spectateur un élément de l’œuvre. Il utilise souvent des miroirs, comme pour Underwater Pavilions (les pavillons sous-marins) ou Mirage, la maison dans le désert près de Palm Springs, pour intégrer les visiteurs dans ces œuvres. Ils deviennent ainsi, eux aussi, le sujet du film. C’est pour cela que nombre de ses pièces sont circulaires. Le cercle est une manière d’inclure les spectateurs. Il y a aussi le désir de créer une œuvre qui évoluerait sans cesse, comme la maison Mirage, qui n’est jamais la même selon l’heure, la lumière ou les spectateurs.

Il déclare : « J’utilise la technologie, mais je ne veux pas être utilisé par elle. C’est simplement un moyen qui permet la réalisation d’une idée. J’adore lorsque l’idée invente son médium. L’œuvre prend alors la main. Elle n’a plus besoin de vous. À ce moment-là, l’art devient vraiment électrique. »
« La technologie devient alors très humaine. Elle engage un dialogue avec les spectateurs. Vous libérez l’œuvre, elle vit. C’est fascinant  ! »
« Je vis à Venice (Californie). Je marche au bord de l’océan Pacifique. Lorsque je regarde l’horizon, je me demande quel sera le futur »

Expositions (sélection)Modifier

  • 1999 Biennale de Venise : Lion d'Or
  • 2016 Rétrospective MOCA Los Angeles
  • 2017 14e Biennale de Lyon, Mondes flottants; Sonic Fountain; Vidéo sur Youtube
    Excavation emplie d’une eau laiteuse, Sonic Fountain est surmontée par neuf robinets répartis en grille qui goutent selon une partition précisément écrite. Dans l’eau, des microphones enregistrent le son des gouttes d’eau, un son diffusé en direct dans l’espace, comme pour un concert. Selon les mots de l’artiste, Sonic Fountain « est une œuvre volontairement abstraite qui met l’architec­ture à nu et en révèle le rythme, le tempo et le langage ».

GalerieModifier

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Migration (2008)


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Sonic Pavilion (2009); Instituto Cultural Inhotim in Brumadinho/Bresil


http://tanukiwo.free.fr/piwigo/galleries/artcont/lyon2017/aitken2718.JPG
Sonic Fountain Biennale de Lyon 2017

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