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Erwin Wurm plasticien contemporain autrichien né en 1954 à Augsburg (Autriche)

Biographie et œuvreModifier

Après avoir étudié l'histoire de l'art, les langues et la littérature, Wurm approfondit sa connaissance en théorie de l'art à l'école d'art appliqué de Vienne dans les années 1980. Ses études l'amènent à devenir professeur de sculpture aux Beaux-Arts de Paris. S’inspirant des traditions de l’art conceptuel et de l’art minimal, les premiers travaux de Wurm sont une recherche sur la définition de la sculpture. Ils s’inscrivent dans cette filiation et développent une réflexion autour de notions comme le volume, les trois dimensions, le rapport à l'espace, l'enveloppe.

En 1989 apparaissent les premières œuvres de Wurm. Dans ces dust pieces, il expose des pullover fixés aux murs, de la poussière, sur des socles et dans des vitrines vides. Ces vitrines vides reflétaient les pullover inhabités et l’absence des objets reflétait celle des corps. Quatre ans après, en 1993 une modification décisive apparaît dans son travail avec une nouvelle idée de remplissage de l’espace. Volume, poids, statique et forme étaient alors exposés de façon originale. Le mélange de ces éléments faisait apparaître le rapport du corps à l'intime.

C’est après la mort de ses deux parents que Wurm donne à son travail un tour entièrement nouveau. Contrairement à l’art conceptuel, la dématérialisation de la sculpture ne conduit pas simplement à des textes et des phrases. Les paramètres de la sculpture n’étant plus respectés, il introduit par le biais de la photographie la notion de temps. Dans des espaces privés ou publics des personnages se retrouvaient dans des positions et des situations arrangées et souvent drôles avec ou sans objets. C’est ainsi qu’apparaissent les One Minute Sculptures en 1997 qui prennent la forme d'un protocole dessiné ou rédigé en termes laconiques invitant à prendre diverses postures comme « se tenir debout sur deux melons le plus longtemps possible, rester cinq minutes les pieds dans un seau avec un autre sur la tête, garder deux champignons fichés dans les narines ou se coucher sur des balles de tennis ».

Les instructions très présentes dans les œuvres de Wurm, sont souvent directement retranscrites sur l’objet à utiliser, si bien que l’utilisateur peut rentrer en contact avec la sculpture.

À partir de 1999, le travail de Wurm sort des musées et des galeries d'art pour investir la rue. En cette même année au Printemps de Cahors, il recrute par voie de presse des volontaires qui exécutent, sous sa direction, diverses facéties. Le résultat est enregistré par la photographie et présenté dans la ville sur des caissons publicitaires lumineux. Lors de la Biennale de Bienne en Suisse en 2000, il place un socle en pleine rue avec l'inscription Be a dog for one minute

Il présente ensuite, en 2001, Instruction for idleness, indiquant photographies à l'appui comment « cracher dans la soupe du voisin à table, faire pipi sur le tapis du salon au beau milieu d'une réunion mondaine ou cacher une bombe dans son pantalon »

Ses œuvres plus récentes interrogent la société de consommation mais aussi les apparences et la réalité qu’elles masquent, montrent des personnages difformes, des voitures ou des maisons boursouflées. Toutes rappellent de près ou de loin les premiers travaux de Wurm. Mais celles- ci sont plus mystérieuses, jouent davantage avec les échelles et sont « remplies » de questions et peut-être de critiques. La recherche plastique semble avoir laissé la place à la recherche métaphysique. La Fat House (2003) filmée en vidéo s'interroge : « Suis-je de l'art parce que je suis grosse ? ».

L’œuvre de Wurm s’inscrit dans la transformation des objets banals en sculptures ayant une apparence absurde. La création d’une œuvre est alors pour Wurm une procédure d’émancipation : c’est libérer les objets de leur contexte familier et leur donner un sens hors de commun. C’est aussi un processus de remise en question des objets du quotidien. Malgré sa mise à distance vis-à-vis du mouvement Fluxus, son travail conserve l’inspiration majeure de ce mouvement, qui invite à explorer l’art dans le déroulement du quotidien et dans les conditions de l’existence singulière de l’objet banal.

Expositions (sélection)Modifier

  • 2017 57e Biennale de Venise Viva Arte Viva pavillon de l'Autriche
  • 2013 One minute forever, artconnexion, Lille, France
  • 2002 Fat Car, Palais de Tokyo, Paris, France
  • 2001 5e biennale d'art contemporain de Lyon, France
  • 2000 Biennale de Bienne , Suisse
  • 1999 Project Wall, Rosamund Felsen Gallery, Los Angeles
  • 1996 The Presence of Touch, The School, The Art Institue of Chicago
  • 1990 Richard Kuhlenschmidt Gallery, Los Angeles, Stux Gallery, New York

GalerieModifier

http://tanukiwo.free.fr/piwigo/galleries/Italie/Biennale2017/wurm0768.JPG
Pavillon de l'Autriche, Biennale de Venise 2017
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Misconceivable, réplique de voilier de 9 m de long, Le Pellerin, canal de la Martinière.

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