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Franck Scurti plasticien contemporain français, photographe, sculpteur, né en 1965 à Lyon

Biographie et œuvreModifier

Franck Scurti vit et travaille à Paris, il expose depuis 1991.

Appartenant à la famille communément dénommée "jeunes artistes", et longtemps catalogué artiste post pop en raison de son art inspiré des objets de la vie courante, lit en forme d'une boîte à sardine, caravane en forme de brique de lait, enseignes lumineuses inspirées des logotypes de rue comme la carotte de tabac ou la baguette du boulanger, Franck Scurti a bien plus de facettes. Des facettes plus sombres, plus préoccupées et moins légères que ces œuvres devenues icônes. En scrutateur du monde, Scurti en démonte les systèmes, ausculte les allers-retours de l'actualité, pose temporairement des œuvres pour mieux les refaire quelques années plus tard.

Il réalise des installations plastiques dans lesquelles il détourne des objets de consommation courante, des logos, des marques de vêtements. Il utilise indifféremment la sculpture, la vidéo, l’installation, l’image peinte ou le readymade et son travail s’organise autour d’une problématique : Que fabrique-t-on avec ce que l’on absorbe visuellement ? Ses œuvres s’inspirent de la réalité quotidienne et de l’actualité internationale, faites de fragments d'idéologies, d'aliénation, d'emblèmes totalement intériorisés par la plupart d'entre nous. Il tire parti des formes produites par l’univers de la consommation et de la civilisation urbaine. Il tente de ne jamais répéter la même figure, et de changer le principe de son travail à chaque exposition. La matière première de Scurti se compose, selon ses dires, d’éléments déjà socialisés et utilise les objets en circulation sur le marché culturel. Il expose ainsi des formes que l’on connaît tous, venant de la ville, du marketing ou du discours médiatique, et produit des micro-récits allant à l’encontre du message initialement voulu par ces formes.

Expositions (sélection)Modifier

  • 1997 : Chicago / Flipper, au CCC de Tours, France.
  • 2002 : Before and After au Palais de Tokyo et au Centre national de la photographie, Paris, France.
  • 2006 : Air-mess, vitrine Hermès, Tokyo, Japon.
  • 2007 : What is Public Sculpture? au Magasin CNAC de Grenoble, France.
  • 2009 : Empty World au Musée Picasso de Vallauris, France.
  • 2009 : Rétrospective Franck Scurti au Creux de l'enfer, Thiers, France.
  • 2011 : Work of Chance au Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, France.
  • 2013 : Les Reflets, gare de Toulouse-Matabiau, France.
  • 2014 : Mamco, Genève, Suisse
  • 2017 : Installation permanente (enseigne lumineuse) et exposition Sans réserve au Musée d'art contemporain du Val-de-Marne

GalerieModifier

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La Quatrième Pomme, 2011

La Quatrième Pomme est située sur le terre-plein central, au niveau du 120 boulevard de Clichy, dans le 18e arrondissement de Paris. Il s'agit d'une sculpture représentant une pomme monumentale, en acier poli, gravée d'un planisphère. Elle a été inaugurée en 2011, en hommage au philosophe Charles Fourier. Elle est posée sur un piédestal en pierre, vestige d'un monument supportant originellement une statue de Charles Fourier. En 1899, un Monument à Charles Fourier, œuvre du sculpteur Émile Derré, est inauguré à l'emplacement actuel. La statue en bronze est démontée et envoyée à la fonte par l'occupant allemand sous le régime de Vichy en 1942. Seul le piédestal en pierre est resté en place. En mars 1969, un groupe situationniste y installe, sans autorisation, une réplique en plâtre de la statue inspirée par l'œuvre de Derré. Cette statue est enlevée quelques jours après par la préfecture. De même en avril 2007, le collectif Aéroporté installe, sans autorisation, une œuvre sur le piédestal : Embrèvement numéro 3, Installation illicite d'œuvre en milieu urbain. En juillet 2007, la mairie de Paris, s'opposant à cette installation spontanée, lance un concours afin de remplacer l'ancienne statue. Le projet de Franck Scruti est retenu, il fait référence à la Quatrième Pomme, théorie de Charles Fourier.
Celui-ci déclarait en effet :« J’ai remarqué depuis ce temps qu’on pouvait compter quatre pommes célèbres, deux par les désastres qu’elles ont causés, celle qu’Éve offrit à Adam et celle que Pâris offrit à Vénus, et deux par les services rendus à la science : celle de Newton et la mienne. Ce quadrille de pommes célèbres ne mérite-t-il pas une page dans l’histoire ? ». Ainsi, la quatrième Pomme, la sienne, lui révèle la malfaisance des intermédiaires, la féodalité mercantile, l’ampleur de l’imposture commerciale, et à la fois, le principe de l’attraction des passions humaines que lient les messages de la pomme.

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Les Reflets, 2001 à 2004

"Les Reflets " sont des représentations d’enseignes lumineuses de rues. Elles sont apellées comme ça, car elles sont légèrement déformées, un peu comme lorsque l’on voit une forme dans une flaque d’eau, mais ici, cette perception est figée, solidifiée. De plus les textes sont tous écrits à l'envers, quelque soit l'angle de vue.

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Yellow Suite, 2015

The Yellow Suite est un assemblage de différentes oeuvres réunies en une grande composition pour créer un récit visuel. Une continuité formelle se déploie, de gauche à droite, entre un soleil levant de laiton et un couchant de cuivre. Le jaune et l’or renvoient à des questions fondamentales dans la production artistique occidentale : la représentation de la lumière et la notion de valeur.
Franck Scurti nivelle les valeurs, en interroge la symbolique et la répartition avec humour. Ainsi des références à des oeuvres majeures de l’histoire de l’art, icônes de la modernité, sont matérialisées par des objets banals, pauvres, glanés dans la rue près de son atelier rue Dunois à Paris. Une très classique peinture de paysage accueille le geste iconoclaste de lacération de l’artiste Lucio Fontana. La Judith de Gustav Klimt, rendue laiteuse, devient le personnage principal modern style de l’histoire. Les éponges, pièges à couleur comme chez Yves Klein, semblent avoir absorbé tous les pigments.

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