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Gainsbourg, vie héroïque, film français écrit et réalisé par Joann Sfar, sorti en 2010.

Résumé Modifier

Le film retrace la vie de Gainsbourg à travers la plupart de ses tendances artistiques, de son apprentissage de peintre au Gainsbarre en passant par le jazz de Saint-Germain et les yéyés. Cette biographie comporte volontairement des approximations et de gros vides. Du jeune parisien arborant « l’étoile de shérif » (sic) imposée aux juifs durant l'Occupation allemande jusqu'à l'apogée de l'auteur-compositeur-interprète des années 1980, une biographie fantasmagorique de Serge Gainsbourg, créateur qui défraya la chronique et laissa son empreinte dans le monde de la chanson avec de nombreuses œuvres poétiques et subversives. Le film explore son itinéraire artistique, du jeune homme épris de peinture à la consécration de sa musique dont l'avant-gardisme en a fait une véritable icône de la culture française, mais aussi la complexité de sa vie adulte à travers ses amours tumultueuses.

Joann Sfar a déployé une histoire fantastique qui ne tient à la réalité que par quelques points d'attache, très forts : les chansons de Gainsbourg, l'image des femmes qu'il a trouvées sur son chemin. Du Poinçonneur des Lilas à Love on the Beat, des compagnes de bohème à Bambou, le réalisateur borne son labyrinthe de refrains et de silhouettes connues.

Le chemin que parcourt Lucien devenu Serge dans l'espace et le temps est, lui, affaire d'imagination. Des deux premiers tiers de cette vie héroïque, Sfar fait un récit déconcertant et captivant, qui réussit à faire croire, pour une fois, que la bande dessinée et le cinéma ont des choses à se dire. L'enfance sous l'Occupation, sous la menace de l'extermination, la vie d'artiste, peintre déçu, puis chanteur, les premières rencontres avec les grands du moment (Boris Vian, Juliette Gréco) sont mises en scène comme une succession de moments fragiles, irisés de souvenirs fantasmés, traversés d'invraisemblances délibérées car Gréco comme le Rabbin aurait possédé un chat doué de parole. (Voir le Chat du Rabbin)

En tenant fermement la réalité à distance, Joann Sfar peut peindre le Gainsbourg qu'il aime, celui dans lequel il se reconnaît. Pour mettre en scène la transition entre l'identité assignée par les nazis au petit garçon et l'identité de la vedette, le dessinateur sort deux images de son carnet : une tête hideuse colle aux basques du jeune Lucien ; quand il se décide à devenir un célèbre Serge, un grand escogriffe, une marionnette qui ressemble à Gainsbarre dessiné par Sfar, figure le mauvais génie du chanteur. L'audace dont témoignent ces créatures exorbitantes et du réalisme et des effets spéciaux fait plaisir à voir. Surtout parce que ces transgressions sonnent juste.

Pour interpréter Gainsbourg, Joann Sfar a engagé Eric Elmosnino, admirable et récompensé par un César. Le spectateur peut dans certaines séquences penser avoir devant lui le vrai gainsbourg. Et pour son double, audacieux et maléfique, une sorte de Gainsbarre, appelé « la Gueule » , il a choisi, échappée de son imagination de dessinateur, une marionnette vivante, aux grandes oreilles et aux ongles démesurés. Un des intérêts et le charme du film tiennent à ce compagnonnage obligé : la terreur qui saisit Serge de devoir composer à toute force avec cet alter ego désiré et haï.

Le reste de la distribution est presque toujours judicieux. Philippe Katerine en Boris Vian, Sara Forestier en France Gall (la chanteuse n'est pas très bien traitée, mais la séquence est à hurler de rire) ne ressemblent pas à leurs modèles et trouvent sans peine leur place dans ce rêve éveillé. Brigitte Bardot finit comme doivent finir toutes les shikse qui essaient de prendre un fils à leur mère, assise dans le salon, face à Mme Ginsburg, et Laetitia Casta est impeccable d'humilité et de malice à ce moment-là.

Ce film est une fascinante vivion des élans excessifs d'un grand créateur, dans le karma enfumée de cet incorrigible fumeur, dans la tête de cet homme convaincu de son extrême laideur qui a conquis les femmes les plus belles comme un affront à ses propres préjugés sur lui-même.

Déclarations de Joann Sfar  :

  • « Je ne fais pas une biographie romancée classique style La Vie en rose. J'apporte mon univers de BD dans le film, avec des marionnettes, des chansons, de la poésie et des costumes, pour illustrer ma vision personnelle des fantasmes de Gainsbourg. »
  • «  Autant j'ai une vraie légitimité dans le monde de la bande dessinée, autant j'arrive dans le cinéma par un trou de souris. Mais je voudrais faire une mise au point : Serge Gainsbourg, vie héroïque n'est pas un biopic à l'américaine. Ce n'est ni un film hagiographique ni même un travail qui suivrait chronologiquement la vie et la carrière de l' homme à la tête de chou. Il s'agit plutôt de ma vision personnelle de Serge Gainsbourg. Son rapport aux modèles féminins français. »

Distribution Modifier

Fiche technique Modifier

  • Titre : Gainsbourg, vie héroïque
  • Réalisation : Joann Sfar
  • Scénario : Joann Sfar
  • Consultante Scénario: Sandrina Jardel
  • Musique : Serge Gainsbourg
  • Musique originale et direction musicale : Olivier Daviaud
  • Direction de la photographie : Guillaume Schiffman
  • Son : Daniel Sobrino, Jean Goudier, Jean-Baptiste Brunhes
  • Décors : Christian Marti, Josh Fifarek
  • Montage : Maryline Monthieux
  • Producteur exécutif : Matthew Gledhill
  • Sociétés de production : One World Films, Studio 37, Universal Pictures, Focus Features International, France 2 Cinéma, Lilou Films, Xilam Films
  • Durée : 130 minutes
  • Date de sortie : 20 janvier 2010

Récompenses et nominations Modifier

Césars 2011 : nommé au César du meilleur film, le film obtient le César du meilleur premier film, le César du meilleur acteur pour Eric Elmosnino et le César du meilleur son


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