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Le groupe ZERO est moins un groupe organisé qu'un rassemblement occasionnel d'artistes autour de conceptions et de manifestations dont Heinz Mack peut être considéré comme le théoricien et l'animateur.

HistoireModifier

Zéro a commencé par être le nom d'une revue d'art fondée en 1958 par Heinz Mack, (diplômé de philosophie de l'Université de Cologne) et Otto Piene, avant de désigner le groupe dont les seuls membres permanents furent jusqu'à sa dissolution officielle en 1967, ses deux fondateurs et Günther Uecker, venu se joindre à eux en 1961.

En 1957, les deux artistes décident d’ouvrir leurs ateliers au public, et la première de ces manifestations nocturnes, nommées « expositions d’un soir », eut lieu le 11 avril 1957. Otto Piene s’explique ainsi sur la naissance de ZERO : « Nous n’avions pas l’intention de créer un groupe, au départ : c’était une relation d’amitié. Mack et moi avions des ateliers voisins ; nous parlions beaucoup et avions développé une sorte d’attitude artistique »

La première « exposition d’un soir » est considérée comme l’acte fondateur du groupe ZERO ; elle marque le point de départ d’une action collective qui, en 1958, publie une revue qui est l’affirmation du groupe.

ZERO devient alors un regroupement internationalement ouvert aux artistes cherchant un renouveau artistique et se lançant dans l’entreprise aventureuse de donner des formes à l’universalité. Ce projet étant assez partagé durant cette période, le groupe ZERO a pu compter plusieurs familles d’artistes déjà unis sous des dénominations fédératrices, comme le Gruppo Nucleare (groupe nucléaire) de Milan, le Nouveau Réalisme, le Groupe de Recherche d’Art Visuel, le groupe NUL d’Amsterdam, Gutaï au Japon.

Le groupe ZERO de Düsseldorf travaille à partir de deux composantes principales, la lumière et sa dynamique. Piene use particulièrement de la lumière électrique et des effets de projection que celle-ci permet. Mack transforme la lumière naturelle par des écrans transparents souvent striés et parfois même motorisés, superposant plusieurs écrans pour montrer de ce fait des vibrations lumineuses. Uecker quant à lui recouvre panneaux et objets divers de clous de différentes tailles, offrant une perception vibratoire de la lumière. Ils s’adonnent parfois à la réalisation d’œuvres communes, comme ce fut le cas dans l’hommage à Fontana, présenté à partir de 1964. L’aspect évolutif et dynamique de leurs travaux font que l’histoire de l’art les a classés au chapitre de l’art cinétique.

Ces trois artistes font partie d'une génération allemande de l'après-guerre dominée par un sentiment profond de culpabilité. Alors qu'elle n'avait aucune responsabilité, elle en subissait quand même les revers. Pour Mack et Piene, il fallait repartir de zéro! Il fallait entreprendre une tâche d'exorcisme, désencombrer l'expression artistique de la faillite de l'humanité. À cette fin, Mack avança deux types de prescriptions, les unes morales: "L'expédition de notre imagination s'éloigne irrésistiblement de la mélancolie étouffante des vielles habitudes dont nous nommons l'oxydation archaïque: La culture européenne. Une nouvelle collaboration des artistes devra congédier les fonctionnaires et les consommateurs, de même que ses utopistes et ses prophètes. La réserve totale de l'art sera une nouvelle liberté; elle est une expression de la zone zéro, l'expression de nos attentes sans bornes". Les autres prescriptions d'ordre formel: "L'espace ouvert et profond qui, même à l'horizon, ne veut pas trouver sa limite est la libre sphère pour mon regard qui parcourt les étendues proches et lointaines, sans direction, intention ou pesanteur, jusqu'à ce que mon regard me revienne...Dans de pareilles étendues, la clarté de la lumière et la plénitude du calme se répandent continuellement. C'est par la lumière que l'espace a sa sensibilité, son atmosphère, sa transparence".

Yves Klein est parmi les premiers Français à exposer en Allemagne dans l’après-guerre, qui enfermait alors les deux pays dans une totale absence de communications et d’échanges sur le plan artistique. Heinz Mack était déjà venu rendre visite à Yves Klein dans son atelier parisien dès la fin de l’année 1955, au cours de laquelle il fit également connaissance de Jean Tinguely, qui sera plus tard lui aussi impliqué dans les démarches du groupe ZERO.

Piero Manzoni, qui s’intéresse aussi de près aux travaux de Klein et de Lucio Fontana dont il a pu prendre connaissance à Milan, voyage aux Pays-Bas où il prend contact avec les futurs artistes du Groupe NUL. Peu à peu, les réseaux s’organisent jusqu’au printemps 1959, où Tinguely organise l’exposition « Motion in Vision - Vision in Motion » à Anvers. C’est véritablement l’exposition fédératrice du groupe, qui réunit, entre autres : Bury, Klein, Mack, Manzoni, Piene, Soto et Spoerri. Le courant ZERO s’affirme. À partir de ce moment, beaucoup d’expositions collectives ont lieu et rassemble les milieux artistiques des quatre villes principales : Amsterdam, Düsseldorf, Milan et Paris, notamment au Stedelijk Museum d'Amsterdam en mars 1962 et en 1965. À partir du début des années 1960, Fontana expose même en compagnie de cette jeune génération qui lui voit en lui un père spirituel. Sa participation au mouvement ZERO est en quelque sorte la consécration du groupe, ou, du moins, un soutien majeur de la part de cette figure, qui à l’époque est déjà reconnue de l’art contemporain.

Piene dénombre 133 artistes ayant collaboré au « projet ZERO » dans le cadre d’expositions communes. Les revues telles que « ZERO », « Azimuth » ou encore « Nul » furent non seulement les réels organes de diffusion du groupe, mais elles furent aussi un facteur de cohésion et de communication entre les différentes associations d’artistes, regroupés alors le plus fréquemment par pays. L’exposition de 1965 au musée Stedelijk d’Amsterdam montre clairement que sous la bannière de ZERO se retrouve un large spectre d’artistes et de groupes. Au milieu des années 1960, ce nom ne désignait plus seulement un groupe de trois artistes allemands (1957/1966), il était devenu un terme général pour un mouvement international de l’après-guerre (de 1962 à 1966 environ), rassemblant des artistes d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Italie, de France, de Suisse, de Belgique, du Japon, du Venezuela, du Brésil et des États-Unis.

L’exposition sur la mouvance qui a pris place à Nice en 1998 s’intitulait « ZERO INTERNATIONAL ». Cette formulation est à attribuer à Renate Wiehager qui a signé un essai portant ce titre dans le catalogue de l’exposition. Elle permet de désigner de façon commode la mouvance ZERO, et de la distinguer du groupe souche de Düsseldorf.

En 2008, Otto Piene, Günther Uecker, Heinz Mack et Mattijs Visser ont créé la fondation international ZERO.

ArtistesModifier

Quelques artistes ayant participé au groupe ZERO:

Expositions (sélection)Modifier

  • ZERO Avant-garde internationale des années 1950-1960, au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole, du 15 septembre 2006 au 15 janvier 2007.
  • Zero, Paris-Dusserldörf, au Passage du Retz (Paris), du 10 juillet au 18 septembre 2013.
  • ZERO, Let Us Explore the Stars, au Stedelijk Museum d'Amsterdam, du 4 juillet au 8 novembre 2015
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