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Hans Haacke plasticien contemporain allemand né en 1936, à Cologne

Biographie et œuvreModifier

Après avoir poursuivi des études à la Staatliche Werkakademie de Kassel, il obtient une bourse du DAAD pour un séjour d'études à Paris où il fréquente les ateliers de gravure de Stanley William Hayter, l'Atelier 17. Son travail vise la mise en évidence de phénomènes physiques et biologiques.

La démarche artistique de Hans Haacke est de dénoncer les connivences entre le milieu des affaires, de la politique, de l'art et de la culture. Son travail est proche du journalisme d'investigation, pourtant Haacke ne veut pas faire passer de contenus politiques. Son mot d'ordre serait "Citoyens, réveillez-vous!". Il avive la vigilance du spectateur citoyen, il entretient sa conscience.

Les installations de Hans Haacke empruntent leurs modalités aux institutions culturelles comme aux techniques publicitaires puisque, selon lui, « il faut apprendre de son adversaire ». Haacke considère en effet que le monde de l’art est un des lieux du combat politique, en raison notamment de sa soumission aux pressions du marché. Les symboles qu’il convie lui permettent de mettre en lumière et d’analyser différents rapports de force économiques, idéologiques et sociaux. Que ce soit par un tissu de soie flottant, une ligne de ballons doucement balancée dans les airs ou de l’eau circulant à travers des tubes en plastique au milieu de l’espace d’exposition, Hans Haacke utilise les énergies comme matériaux pour ses œuvres.

Lors de son exposition au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1967, l’artiste a défendu la notion de « système naturel », où l’utilisation des technologies est moindre, afin d’admirer des pièces dont les éléments naturels sont connectés entre eux. Les œuvres, soumises au regard du spectateur, lui-même réduit au statut de témoin, existent par elles-mêmes et se distinguent par leur autonomie et leur indépendance.

Hans Haacke a entrepris une œuvre qui refuse par principe l’autonomie du champ esthétique par rapport aux sphères de l’économie et du politique en interrogeant les conditions d’implication de certaines grandes entreprises ou groupes industriels, ou d’institutions publiques, dans la vie artistique et culturelle, notamment par le biais du mécénat. Les œuvres d’Hans Haacke sont toujours liées à des situations institutionnelles précises, et elles sont le fruit d’une exploration rigoureuse, ou d’une enquête, que l’artiste mène dans le moment même que constitue son invitation à travailler dans un contexte privé ou public.

Hans Haacke ne veut pas qu’on qualifie ses œuvres de sculptures. Il les appelle des “systèmes” et souligne que ceux-ci ont été créés avec l’intention explicite de faire physiquement communiquer leurs composants entre eux, tandis que le tout communique physiquement avec l’environnement. Les transformations sont souhaitables et font partie du dessein de l’œuvre, elles sont provoquées par l’expérience toujours changeante du spectateur.

Il se place dans une posture de résistance permanente et peut subir l’effet d’une interdiction, d’un rejet, voire d’une censure, dès lors que ce qu’il fait apparaître dérange. Les formes et les codes artistiques utilisés par Hans Haacke sont extrêmement différents pour chaque œuvre, l’artiste ayant soin de faire échapper son projet à deux dangers, celui de la signature formelle et celui d’une certaine négligence qui, en prétendant donner le primat au contenu, pourrait conduire à ne pas considérer les œuvres comme liées de plein droit au système de l’art. Mais surtout, la qualité formelle du travail est indispensable si celui-ci veut être une mise en cause forte de cette même perfection déployée par les grandes sociétés dans leur politique de communication, surtout lorsqu’elles intègrent l’art comme élément d’autorité sur les consciences.

Expositions (sélection)Modifier

GalerieModifier

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2 œuvres emblématiques


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Wide White Flow; Biennale de Lyon 2017

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