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Jean-Luc Vilmouth plasticien contemporain français le 5 mars 1952 à Creutzwald (Moselle) et mort le 17 décembre 2015 à Taipei (Taïwan). Il enseignait à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.

Biographie et œuvreModifier

Formé aux Beaux-Arts de Metz, Jean-Luc Vilmouth s'installe en Angleterre dans les années 1970 pour poursuivre ses études au Royal College of Art de Londres. Il s'imprègne de la Nouvelle sculpture anglaise (Tony Cragg, Bill Woodrow…). Si le minimalisme et l’art conceptuel vont influencer ses premières œuvres, Vilmouth va rapidement focaliser ses recherches autour des objets du quotidien. Se qualifiant d’« augmentateur » (terme emprunté à Roger Callois dans son ouvrage "Esthétique généralisée"), Jean-Luc Vilmouth cherche à apporter un complément à l’objet plutôt que de le transformer. Loin des préoccupations formalistes, il choisit les objets pour leur potentiel, leur mémoire : « Ce qui m’intéresse dans les objets qui nous entourent, c’est leur origine, leur conception… Je pense qu’un objet permet de comprendre toute une évolution sociale…».

Sa première exposition personnelle se tient à la Galerie Yvon Lambert, Paris, en 1978. Dès le tout début de son travail, à la fin des années 1970, Jean-Luc Vilmouth s’intéresse aux lieux qui existent et les investit avec ses complices du groupe JA-NA-PA, dont le nom est emprunté à Antonin Artaud. Avec Christian Bonnefoi et Pierre Dunoyer, entre autres, il réinvente des lieux abandonnés, en perte de sens.

Par le biais de sculptures, d’installations, de vidéos ou de performances, Jean-Luc Vilmouth questionne le rapport à l’objet et sa place dans l'environnement. Relevant les dysfonctionnements du monde qui l’entoure, il cherche à réinterpréter le quotidien pour mieux le remettre en question. Par le principe du détournement et du changement d’échelle, il transcende de simples objets du quotidien, en augmente le sens et y engage le spectateur en tant qu’acteur.

A partir de 1986, Jean-Luc Vilmouth produit régulièrement des installations d'un nom générique Bars et Cafés. Cette série commence par l’exposition "chambres d’amis" (Gand), où, confronté aux habitants des maisons, temporairement devenues des lieux d’exposition, il s'intéresse aux relations particulières qu’il pouvait y avoir entre une proposition artistique et un public. "chambre d’amis" était devenu un espace d’expérience, avec ses habitants, leurs invités, le public, un espace diffèrent du musée, de la galerie, où il s'agit la plupart du temps de contemplation distante. Il commence à réaliser des propositions dans l’espace dit public et c’est dans cet espace que j ai ressenti la nécessite d établir un type de contact diffèrent, dans lequel le visiteur deviendrait aussi acteur. A partir de là, il se pose des questions sur d’autres manières de faire des expositions dans les galeries, musées ou autres.Les bars, les cafés, sont devenus, dans son travail tout d’abord sculptural, des lieux symboliques où il est possible de déplacer l’expérience visuelle et de créer de nouvelles situations.

Expositions (sélection)Modifier

  • 2007 : Villa du Parc, Centre d’Art contemporain, Anemasse
  • 2006 : The White Building, Galerie Anne Vidal, Paris
  • 2005 : Les visiteurs, carte blanche à Jean-Luc Vilmouth, Château de Carcassonne
  • 2004 : Code Unknown, Palais de Tokyo, Paris
  • 2000 : Elysian Fields, Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, Paris
  • 1999 : Autour d'e l'arbre, Chateau de Bionnay Morgane Rousseau
  • 1994 : The winter of love, MoMA PS1, New-York
  • 1991 : Biennale de Lyon
  • 1990 : Empreinte de Siam, empreinte de l'éléphant du bois de Vincennes, réalisée en porcelaine à partir d'un moulage en plâtre obtenu in situ, en collaboration avec la Manufacture nationale de Sèvres.
  • 1987 : Local Time, le Magasin, centre national d’art contemporain, Grenoble

GalerieModifier

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Comme deux tours, Châtellerault, 1994

Dans le cadre du réaménagement de la Manufacture d’armes de Châtellerault, Jean-Luc Vilmouth a réalisé une œuvre mettant en lumière le site et son histoire. Comme deux tours se présente comme une sorte de greffe architecturale métallique qui transforme deux énormes cheminées en tours d'observation. Les passerelles installées sur ces cheminées à 18 mètres de hauteur sont rendues accessibles par l’escalier hélicoïdal situé l’emplacement de l’ancien château d’eau. Sur le site de la Manufacture s'élèvent deux cheminées visibles depuis presque toute la ville. Retourner la situation, c'est permettre au spectateur de montrer, c'est permettre au spectateur de monter sur les cheminées pour regarder la ville.

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Bar séduire, 1997 tables, tabourets, lampes, moniteurs, néon, vidéo couleur 1h30’, présentation Mac/Val 2017

Bar séduire est un espace de rencontres créé à partir d’objets standardisés. Sur les écrans, des personnes inconnues se dévoilent et s’adressent au visiteur qui voudra bien prendre place à ces tables.
Dans ce lieu intimiste, chaque table est individuelle : un seul tabouret est placé face à un écran. Les rencontres ne peuvent donc se faire que par le truchement de l’écran posé sur la table. Le face à face est installé, la rencontre peut commencer. Les personnes se succèdent sur l’écran, autant d’acteurs qui disent avec une grâce merveilleuse l’impudeur à se dévoiler devant d’invisibles inconnus et qui révèlent, des années avant l’explosion des lieux de rencontres fabriquées, type speed dating, et des rencontres par Internet, la difficulté du rapport à l’autre.
L’artificialité de ce type de relation et sa violence symbolique contrastent avec la douceur fabriquée du lieu. Chacun est libre de quitter son écran pour aller zapper sur une nouvelle « offre ». Les êtres deviennent des choses, et la séduction, qui traverse les rapports humains, est ici démontée, écartelée et renvoie à la société de consommation qui fausse les valeurs. Le visiteur a un rôle à jouer, se déplaçant d’écran en écran, figurant une étrange parade. Il devient acteur de son propre rôle. En proposant un nouveau regard sur les objets qu’il anime, Jean-Luc Vilmouth renverse le processus et, par là, objective les êtres.

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