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La Tourneuse de pages est un film français de Denis Dercourt, sorti en 2006. Il fait partie de la sélection officielle du festival de Cannes 2006 dans la catégorie Un Certain Regard.

SynopsisModifier

Fille de bouchers dans une petite ville de province, Mélanie, 10 ans, tente le concours d'entrée au conservatoire, mais perturbée par la présidente du jury, échoue. Dix ans plus tard, Mélanie entre comme stagiaire dans un grand cabinet d'avocats international dirigé par M. Fouchécourt, qui lui fait rencontrer sa femme, une pianiste, qui n'est autre que la présidente du jury de son enfance.

Très vite, elle se fait remarquer pour son sens de l'organisation et son dévouement par M. Fouchécourt qui la recrute à son domicile pour veiller sur son fils. La rencontre avec Mme Fouchécourt, toujours pianiste, se passe merveilleusement bien puisque Mélanie se montre très sensible à la musique et devient sa tourneuse de pages.

CritiqueModifier

Denis Dercourt tisse une histoire de vengeance sociale troublante car construite sur des rapports de classes masqués. La force de ce duo étrange à l’écran, composé par une Catherine Frot toujours impeccable et une Déborah François juste héritière des héroïnes hitchcockiennes, c’est qu’il n’y a pas d’héroïne clairement définie. Le film est ainsi construit comme un basculement d’une subjectivité, d’un régime d’émotion à l’autre.

Denis Dercourt avance ici en terrain connu en utilisant l’univers musical pour mettre en scène la fascination/ répulsion qu’éprouvent tour à tour ses deux personnages féminins. Ainsi, si le personnage de Catherine Frot est celui qui finit par voyager en eaux troubles, la réalisation du film ressemblerait plutôt au personnage de Déborah François, c’est-à-dire froide et épurée dans la forme, mais surtout déterminée à mettre son plan à exécution.

Le titre du film de Denis Dercourt, La Tourneuse de pages, annonce le biais par lequel Mélanie exercera sa vengeance : en tournant les pages de la partition au fur et à mesure de son exécution. Et ce film très bref a le mérite de se tenir à ce seul propos : le récit d'une vengeance affreuse exercée avec raffinement, un conte cruel qui fait d'autant plus frissonner qu'il oppose deux actrices exactement complémentaires.

Les libertés prises avec la vraisemblance sociale, avec l'exactitude psychologique risquent de heurter si l'on ne se souvient pas qu'elles ont été ménagées afin de permettre au film de poursuivre sa course sans encombre. En revanche, l'emploi dramatique de la musique qu'interprètent les personnages, de Bach à Chostakovitch, donne encore plus de vigueur au mouvement du film.

Ce film est mise en scène sèchement, nerveusement, avec un art consommé de la manipulation du spectateur. Denis Dercourt s'est offert le luxe de confier les seconds rôles à des comédiens de premier plan : Jacques Bonnaffé et Christine Citti jouent les parents de Mélanie enfant, Pascal Greggory le mari de la pianiste. Ils donnent un supplément de chair à ce tour de passe-passe séduisant.

Distribution Modifier

Fiche techniqueModifier

DistinctionsModifier

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