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La Vengeance d'une femme , film français de Jacques Doillon, sorti en 1990

Analyse critiqueModifier

Ancienne amie du couple Cécile-André et ancienne maitresse de ce dernier, Suzi revient, un an après l'avoir quitté, mais sans motivation précise, dans l'hôtel de leurs rencontres.

Contre toute attente, elle est rejointe par Cécile qui lui apprend qu'André s'est tué dans un accident de voiture il y a un an.

Visiblement l'épouse, qui n'a découvert la laison qu'après la mort de son mari, est venue pour se venger. Passant de la douceur à l'agressivité, ranimant le fantôme du défunt comme se servant de son amant actuel pour pieger Suzi, Cécile culpabilise la jeune femme, qui elle n'a pas su reconquérir d'homme et la pousse de façon machiavélique jusqu'au suicide.

Deux femmes se disputent le fantôme de l'être aimé. André était un vrai homme, le genre d'homme sur lequel on peut s'appuyer, ce que Suzy appelle une épaule. Mais désormais c'est un cadavre.

Cécile attribue à Suzy la responsabilité de l'accident de voiture dans lequel André est mort, à proximité du domicile de Suzy.

Suzy est une fille sauvage et séductrice. Elle allume les hommes et joue avec eux, comme une chatte. C'est ce que Cécile lui reproche. Suzy allume l'amour mais est incapable de l'assumer. Elle détruit l'autre et finit par s'enfuir. Suzy ne nie pas agir ainsi mais, dans le cas d'André, dit-elle, ce n'était pas pareil, c'était sérieux. C'est le seul homme qui a compté dans sa vie.

Cécile semble vouloir se venger, mais semble aussi jouir de la situation. Elle invite Stéphane, qu'elle prétend aimer, et le jette dans les bras de Suzy. Suzy ne résiste pas, et la démonstration est faite : Suzy est une salope. Cécile le lui reproche, mais son comportement est masochiste. Elle fait venir deux mecs qui finiront par la violer.

Ces femmes-là sont fragiles, ce sont des femmes-enfants incapables d'être mères. Elles ne savent rien faire d'autre que détruire les hommes qu'elles prétendent aimer. Adolescentes égoïstes, vivant dans l'instant. Cécile est dans la jalousie et Suzy dans la séduction mais le résultat est le même : une instabilité léthale.

Le déroulement du film fait monter progressivement une angoisse diffuse. Les gros plans sont très agressifs et les cadrages concourent à la destabilisation, plan de couloir, discussion dans des embrasures de portes, contrejour.

« Ce qui fait la supériorité incontestable de La Vengeance d’une femme, c’est l’extraordinaire qualité du texte, écrit en collaboration avec Jean-François Goyet, l’intensité inouïe de l’affrontement des comédiennes, la beauté classique des séquences presque musicales, le rapport parfait de la lumière à la source invisible et du son qui alterne silence, cris et murmures. »
Daniel Toscan du Plantier

DistributionModifier

  • Isabelle Huppert ... Cécile
  • Béatrice Dalle ... Suzy
  • Jean-Louis Murat ... Stéphane
  • Laurence Côte ... Laurence
  • Sebastian Roché ... Le dealer
  • David Léotard ... Le jeune homme
  • Albert Le Prince ... Le médecin
  • Brigitte Marvine ... La danseuse
  • Pierre Amzallag ... Le voisin
  • Jean-Pierre Bamberger ... La présence

Fiche techniqueModifier

  • Réalisateur : Jacques Doillon
  • Scénario : Jacques Doillon , Jean-François Goyet, librement inspiré de L'éternel mari de Dostoïevski
  • Production : Christine Gozlan , Alain Sarde
  • Image : Patrick Blossier
  • Montage : Catherine Quesemand
  • Durée : 2h 13
  • Date de sortie : 10 janvier 1990


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