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Le Chat du Rabbin, série d'albums de bande dessinée et film français, de Joann Sfar

Au début du XXe siècle, le chat d’un rabbin d’Alger raconte sa vie et ses dialogues avec son maître.

Ce chat parle depuis qu’il a dévoré le perroquet de la maison mais il ne dit que des mensonges ou des vérités blessantes. Craignant la mauvaise influence que son chat parlant pourrait exercer sur sa fille Zlabya, le rabbin les sépare et décide de lui enseigner la Torah, le Talmud, la Michna, la Guemara pour le remettre sur le droit chemin. La motivation principale de l’animal à devenir « un bon juif qui ne ment pas1 » est que son maître l’autorise de nouveau à passer du temps avec Zlabya. Durant son apprentissage, le chat ne manque pas de contredire son rabbin, et le rabbin de son rabbin, tout en observant avec perspicacité les autres disciples du rabbin.

La Bande dessinée Modifier

1. La Bar-Mitsva, 2002. (ISBN 2-205-05207-1)

Le chat du rabbin adore se blottir dans les bras de sa maîtresse, Zlabya. Après avoir dévoré le perroquet de la maison, il se met soudainement à parler. Mais le rabbin lui interdit alors de voir sa maîtresse car il ne dit que des mensonges.Le rabbin commence à enseigner à son chat la Torah afin de le remettre dans le droit chemin. Ce dernier demande donc naturellement à faire sa Bar-Mitsva. Mais un chat parlant a-t-il vraiment le droit de faire sa Bar-Mitsva ?

2. Le Malka des lions, 2002. (ISBN 2-205-05369-8)

Un matin, le rabbin reçoit deux lettres. Une annonce la visite de son cousin, le Malka des Lions. Malka des Lions se déplace constamment avec son lion depuis une trentaine d'années. C'est un nomade qui vit principalement en narrant des contes et en protégeant les gens de son lion supposé féroce. L'autre propose au rabbin d'être agréé par le consistoire des Juifs de France. Il s'agit dobtenir la moyenne à une épreuve d'orthographe en langue française. Le chat du rabbin tentera alors d'aider le rabbin pour passer la dictée d'agrégation.

3. L'Exode, 2003. (ISBN 2-205-05497-X)

Zlabya, Jules, le rabbin et son chat se rendent à Paris afin de rencontrer les parents de Jules. Cependant, le rabbin n'arrête pas de critiquer la tristesse de Paris. Il parle également sans cesse de son neveu Raymond Rebibo qui serait selon lui devenu un grand chanteur parisien. Tout celà énerve Zlabya et Jules pour le plus grand plaisir du chat du rabbin.

4. Le Paradis terrestre, 2005. (ISBN 2-205-05725-1)

Pendant un séjour à Oran, le chat du rabbin accompagne le Malka des Lions. Ce dernier continue de gagner sa vie en racontant des histoires et en protégeant les gens des fausses aggressions de son lion. Le chat du rabbin rencontrera le serpent et la femme du Malka.

5. Jérusalem d'Afrique, 2006. (ISBN 2-205-05868-1)

Jules se fait livrer des livres de Russie. Mais dans la caisse, il y a également un peintre russe. Personne ne le comprends à part le chat du rabbin. Il désire se rendre en Éthiopie afin de trouver la Jérusalem d'Afrique. Le rabbin, son chat, le peintre, le cheik Sfar ( un cousin éloigné du rabbin, musulman tolérant) et monsieur Vastenov le traducteur décident alors de mener une expédition afin de trouver ce lieu, caché au cœur de L'Afrique noire où les Juifs vivent en paix. Mais cette quête sera déçue, car la ville existe, mais est peuplée d'intolérants.

6. Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi

Épisode centré sur Knidelette, la meilleure amie de Zlabya. Knidelette est loin d'être insensible au charme du Malka de lions et de Jules.On apprend grâce au chat qu'elle fume en cachette le shabbat alors qu'elle donne des leçons à tout le monde sur la religion.

Le filmModifier

Le Chat du rabbin est devenu un film d'animation français réalisé par Joann Sfar et Antoine Delesvaux, sorti en 2011.

Il s'agit d'une adaptation en long-métrage d'animation des tomes 1, 2 et 5. Le rabbin Sfar vit avec sa fille, Zlabya, un perroquet bruyant et un chat espiègle qui dévore le perroquet et se met à parler pour ne dire que des mensonges. Le rabbin veut l'éloigner. Mais le chat, fou amoureux de sa petite maîtresse, est prêt à tout pour rester auprès d'elle, même à faire sa bar-mitsva ! Une lettre apprend au rabbin que pour garder son poste, il doit se soumettre à une dictée en français. Pour l'aider, son chat commet le sacrilège d'invoquer l'Eternel. Erreur fatale : le chat perd l'usage de la parole. Son seul ami sera bientôt un peintre russe en quête d'une Jérusalem imaginaire où vivraient des Juifs noirs. Ce peintre parvient à convaincre le rabbin, un ancien soldat du tsar, un chanteur arabe et le chat de faire avec lui la route pour trouver cette Jerusalem cachée.

Le film est réalisé en animation traditionnelle 2D, mais utilise la 3D relief.

Analyse critique Modifier

Après le succès de la bande dessinée Le Chat du rabbin, son auteur, Joann Sfar, se voit proposer à plusieurs reprises des projets d'adaptations, mais les refuse, et décide finalement de réaliser lui-même une adaptation en film d'animation. Joann Sfar s'associe avec le dessinateur Clément Oubrerie et Antoine Delesvaux, et tous trois co-fondent le studio de production Autochenille Production ; le projet est annoncé en juin 2007 à Cannes, peu après la sortie du film d'animation Persépolis adapté de la bande dessinée de Marjane Satrapi. Sfar et Sandrina Jardel écrivent un scénario original qui mêle librement des éléments tirés des tomes 1, 2 et 5 de la bande dessinée. Le studio Autochenille fonde son propre studio d'animation, Banjo Studio, et recrute une équipe d'animateurs qui comprend de nombreux débutants, beaucoup venus de l'École des Beaux-arts (comme Sfar), ainsi que quelques vétérans. Sfar a également recours à une partie de l'équipe avec laquelle il avait travaillé pour son premier film, Gainsbourg, vie héroïque (qui n'était pas un film d'animation), dont Maryline Monthieux qui assure le montage et Olivier Daviaud qui compose la bande originale du film.

Les voix des personnages et la musique du film sont enregistrées avant le début de l'animation proprement dite, qui est ensuite réalisée pour leur correspondre au plus près. Les acteurs ne sont pas des spécialistes du doublage, mais de vrais acteurs. Les acteurs chargés des voix sont costumés et filmés afin de fournir une source d'inspiration aux animateurs dans le rendu des gestes et des expressions.

Dans des décors mordorés s'agitent des personnages hauts en couleur : le rabbin Sfar, homonyme de l'auteur, sa jolie fille Zlabya, un peintre russe qui a fui les pogroms, un cheikh musulman plein de sagesse. Tous cohabitent, quelle que soit la confession de chacun, témoignant d'une douceur de vivre, d'un monde où la parole, gage de sagesse, suffirait à résoudre les conflits.

Durant le voyage en Afrique équatoriale, une scène montre une rencontre entre les personnages principaux du film et le héros de bande dessinée Tintin, caricaturé comme tenant un discours insignifiant, prétentieux et empreint de propos à connotations racistes, allusion à l'album Tintin au Congo. François Damiens, qui prête sa voix à Tintin, s'est inspiré des publicités des années 1940 pour composer un personnage de colon raciste et sûr de lui.

C'est par le son que le film s'impose. Musique qui mêle rythmes klezmers et inspira-tion arabo-andalouse, et surtout le casting vocal de tout premier ordre : le chat avec le timbre faussement naïf de François Morel ; son maître rabbin est interprété par Maurice Bénichou, dont le léger accent pied-noir est synonyme de douceur et de fatalisme. La jeune Hafsia Herzi donne joie et sensualité au personnage de Zlabya. Les autres voix, de Fellag à Jean-Pierre Kalfon, en passant par Mathieu Amalric en prince nomade, sont à l'unisson.

Dans l'univers de Joann Sfar, l'humour mordant le dispute à la philanthropie. Ainsi, la seconde partie du film est-elle un savoureux voyage initiatique, un apprentissage de la différence, fondé sur la curiosité de l'autre. Il s'agit d'une quête, d'une fable qui rappelle que la clé du vivre-ensemble est en chacun de nous.

Le Chat du rabbin est un poème didactique à la fois œcuménique et antireligieux. Joann Sfar cite volontiers Voltaire comme inspiration, la dénonciation de l’intolérance et de la bêtise croyante, sans verser dans la caricature exaspérée. Le maître et son chat rencontrent un sacré tas d’imbéciles mais aussi des poètes, tel un peintre russe dont le bédéiste dit qu’il incarne ses fantasmes sur «la partie ashkénaze de sa famille». Outre celui du héros rabbin, Sfar est aussi dans le film le patronyme d’un cheikh incarnant un «islam éclairé», lointain cousin du rabbin. «Sfar» a en effet la particularité d’être un nom aussi bien arabe que séfarade. Il faut emmener les enfants voir ce Chat du rabbin pour être sûr de les vacciner contre l’extrémisme, tellement la mesquinerie religieuse est démontée avec intelligence et drôlerie. En accroche, l’affiche porte cette mention parodique : «Des chats et des dieux.» Sfar s’en amuse : «La religion est un sujet beaucoup trop important pour qu’on le laisse aux seuls croyants !»

Fiche technique Modifier

  • Titre : Le Chat du rabbin
  • Réalisation : Joann Sfar et Antoine Delesvaux
  • Scénario : Joann Sfar et Sandrina Jarde d'après la bande dessinée de Joann Sfar
  • Musique originale : Olivier Daviaud
  • Directeur d'animation : Jean-Christophe Dessaint
  • Montage : Maryline Monthieux
  • Producteurs : Joann Sfar et Antoine Delesvaux
  • Production : Autochenille Production, TF1, France 3 Cinéma
  • Durée : 100 minutes
  • Date de sortie : 1er juin 2011


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RécompenseModifier

  • Cristal du long métrage au Festival international du film d'animation d'Annecy 2011

Bande annonceModifier

Vidéo sur Youtube

Distribution (voix et inspiration des dessins) Modifier

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