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Le Nouveau Monde (The New World) film américain réalisé par Terrence Malick, sorti en 2005.

Analyse critiqueModifier

Au XVIIe siècle, sur la côte Est de l'Amérique du Nord, trois navires anglais accostent pour fonder une nouvelle colonie qui prend le nom de Jamestown. Sur la berge, un groupe d’Amérindiens les observe avec stupéfaction. À peine débarqué, l’un des colons, John Smith, est sur le point d’être pendu pour rébellion. Il est gracié in extremis par le capitaine Christopher Newport, le chef de l’expédition.

Les nouveaux arrivants s’installent, construisent un fort et entrent en contact avec les indigènes. Très vite, des tensions apparaissent et John Smith est envoyé en ambassade auprès des Indiens. Loin d’être bien accueilli, il est capturé et manque d'être mis à mort lorsqu'une jeune fille intercède en sa faveur. Il s'agit de Pocahontas, la fille préférée du chef Powhatan. Ce dernier accepte de laisser la vie sauve au Britannique, à condition que lui et les siens repartent pour leur pays dès la fin de l'hiver.

Pendant quelque temps, John Smith vit en semi-liberté parmi les Indiens et découvre en eux un peuple pacifique et proche de la nature. Peu à peu, il tombe sous le charme de la jeune princesse. L’idylle prend fin lorsque le chef Powhatan le renvoie vers les siens, enjoignant aux colons de repartir. Mais, à son retour au fort, il découvre une situation très dégradée : une partie de l’expédition est retournée en Angleterre et ceux qui restent subissent une famine effroyable. À la suite d’une rixe, il prend le commandement de la colonie qui est sauvée grâce à l’aide alimentaire que la princesse leur fait parvenir en secret.

Découvrant la trahison de sa fille, le roi la bannit de son village et l'envoie vivre chez son oncle, dans une autre tribu. Ayant déjà eu des contacts avec les Britanniques, l'oncle propose aux colons de leur échanger la jeune fille contre différents colifichets. Les colons font pression sur Smith afin qu’elle soit retenue en otage pour garantir leur sécurité. Celui-ci refuse et une mutinerie éclate qui le démet de ses fonctions. La jeune Indienne est rachetée, mais les Britanniques, se souvenant de l'aide qu'elle leur a apporté alors qu'ils mouraient de faim, la traitent néanmoins avec égards.

Au printemps, les navires sont de retour d’Angleterre, chargés de vivres et de colons. Libéré par Newport, John Smith apprend que le roi désire qu'il prenne la tête d’une nouvelle expédition contournant l'Amérique à la recherche d’une route vers les Indes. Il choisit de partir et fait en sorte que, deux mois après son départ, on annonce son décès par noyade à la jeune Indienne.

Cette dernière poursuit sa vie dans la colonie où elle est bien acceptée, mais elle a perdu toute sa joie de vivre. L’un des colons récemment arrivés, John Rolfe, la remarque et finit par la demander en mariage, ce qu’elle accepte du bout des lèvres. Les années passent et un petit Thomas naît de leur union.

Quelques années plus tard, sur l’invitation du roi, la princesse et sa famille partent pour l’Angleterre où, cette dernière ayant incidemment appris que John Smith était vivant, une rencontre a lieu. Pocahontas lui demande s'il a trouvé les Indes. John secoue la tête. « Tu les trouveras », lui assure-t-elle. « Peut-être que je suis passé près sans les voir... », répond John, triste. Pocahontas sourit avant de retourner vers son époux. Peu de temps après, lors de leur voyage de retour vers la Virginie, elle décède d'une pneumonie, apaisée.

Terrence Malick rédigea son script à la fin des années 1970. The New World raconte la rencontre de l'amérindienne Pocahontas avec le navigateur britannique John Smith puis la vie de cette dernière avec le colon John Rolfe jusqu'à sa mort.

Bien que l'histoire soit fortement romancée (la Pocahontas qui sauva Smith n'avait en réalité que 11 ou 12 ans), le film a été tourné dans la région où fut construite la première colonie permanente britannique, Jamestown (Virginie), et où la véritable Pocahontas passa les premières années de sa vie.

À plusieurs reprises dans The New World, la structure symétrique du champ/contre-champ est brisée par le fait que les personnages regardent vers le même bord du cadre , là où leurs regards réciproques devraient se diriger dans deux directions opposées. Par exemple, quand Pocahontas vient de sauver la vie de Smith, celui-ci la regarde dans le hors-champ, vers la droite du cadre ; dans le contrechamp, qui montre la jeune femme face à son père, elle glisse un coup d'œil vers la droite également. Le regard des protagonistes, et ainsi celui du spectateur, est posé par Malick comme un regard dont il faut se méfier. Le vrai regard ne passe pas par les yeux. Dès lors on le rend d'autant plus sensible que l'on a ponctuellement recours à des raccords de regard biaisés.

The New World ne propose jamais de regard transcendant, qui déjouerait la relativité du regard humain. Les plans restent, à quelques exceptions près pris à hauteur d'homme : les contre-plongées forestières de qui lève les yeux pour contempler des arbres immenses.

Dès l'ouverture, le premier plan propose une configuration esthétique, qui sera fréquemment reproduite par la suite : le monde apparait à travers son reflet à la surface de l'eau. Une telle médiation n'est pas accidentelle. Le dédoublement, induit par le reflet, pose la question de ce qu'il faut regarder : l'eau qui reflète ou ce qui est reflété par l'eau ? Ainsi le regard, comme à la surface de l'eau courante omniprésente, peut se brouiller. Cette histoire d'amour, dans laquelle le regard occupe une place si importante, puisque, ne se comprenant pas, Smith et Pocahontas ne peuvent d'abord se parler que par les yeux, exige que le regard soit maîtrisé : quand Pocahontas vient apporter des vivres au fort, les amants regardent que personne ne les regarde et ne découvre leur secret. L'esthétique un rien glacée du film y trouve une forme d'exigence, laisser le regard froid .

Malgré son esthétisme appuyé, The New World invite à se défaire du regard. Les faux raccords, dans l'axe, mouvement, récurrents, et parfois systématiques, sont moins déréglés qu'ils ne proposent un réajustement permanent d'un récit qui manque de filer à chaque instant. Par son dépassement spirituel, de l'objectif, de la caméra, le film ne tient que par sa présence « tactile », celle du vent audible dès le générique, celle des herbes effleurées par des mains qui n'en reviennent pas, celle de l'eau qui coule.

Distribution Modifier

  • Colin Farrell  : John Smith
  • Q'Orianka Kilcher  : Rebecca (Pocahontas, son nom ou son surnom indien n'est pas nommé pendant le film)
  • Christopher Plummer : Captain Christopher Newport
  • Christian Bale  : John Rolfe
  • August Schellenberg : Powhatan
  • Wes Studi : Opechancanough
  • David Thewlis  : Captain Edward Wingfield
  • Yorick van Wageningen  : Capitaine Argall
  • Raoul Trujillo : Tomocomo
  • Michael Greyeyes : Rupwew
  • Kalani Queypo : Parahunt
  • Ben Mendelsohn : Ben
  • Noah Taylor : Selway
  • Brian F. O'Byrne (VF : Sylvain Lemarie) : Lewes
  • Ben Chaplin : Jehu Robinson
  • Jamie Harris : Emery
  • Janine Duvitski : Mary

Fiche technique Modifier

  • Titre : Le Nouveau Monde
  • Titre original : The New World
  • Réalisation et scénario : Terrence Malick
  • Société de production : New Line Cinema
  • Musique : James Horner
  • Photographie : Emmanuel Lubezki
  • Montage : Richard Chew, Hank Corwin, Saar Klein et Mark Yoshikawa
  • Durée : 172 minutes dans sa version intégrale.
  • Dates de sortie : 25 décembre 2005, 15 février 2006 (Belgique, France, Suisse)

Récompenses

  • Nomination à l'Oscar de la meilleure photographie en 2006.


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