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Liberté-Oléron est un film français réalisé par Bruno Podalydès, sorti en 2001.

AnalyseModifier

Comme chaque été, Jacques, sa femme Albertine et leurs quatre garçons viennent passer les vacances dans leur petite villa de l'île d'Oléron. Et comme chaque été, après avoir épuisé les joies des jeux de plage, Jacques ne tarde pas à trouver le temps long. Son remède à l'ennui : l'appel du large. Rattrapé par un rêve de gosse, il s'est en effet mis en tête d'acheter un voilier, lui qui n'a jamais navigué sur autre chose qu'un bateau gonflable. Les tarifs du constructeur local ne le refroidissent qu'un temps.

Mais quand il se décide enfin, l'objet de sa convoitise est en rupture de stock et il doit se contenter d'un dériveur d'occasion. Après tout, qu'importe la coque de noix, pourvu qu'on ait l'ivresse...

A première vue, c'est une comédie: une famille moyenne passe l'été en Charente-Maritime. L'ambition de la dame est de créer une perspective dans son jardin. Elle engage un paysagiste. Mais le jardin fait dix mètres carrés. Le monsieur se rêve grand navigateur, achète un voilier. Son but suprême est de rejoindre l'île d'Aix (5 kilomètres). Les enfants, qui bien sûr ne sont pas ridicules, contrairement à leurs parents, couvent aussi des rêves inassouvis.

Cette comédie des français moyens en vacances vire au cauchemar en transformant son héros, un père de famille bonnasse, en despote brutal vis-à-vis des membres de sa famille. Son incompétence l’oblige à donner de la voix, à utiliser un vocabulaire abscons qu’il ne maîtrise pas, à se transformer en beauf. Cette caricature qui force bien évidemment le trait sur le comportement du père ne se cantonne pas dans l’humour facile mais prend toute sa force quand tout ce petit monde apparemment équilibré éclate dans toute son horreur.

Les gags sont amenés très lentement, préparés avec indolence. Les ambitions des personnages sont si minuscules qu'on frôle souvent l'insignifiance, sans y tomber jamais. Mais surtout dans la dernière partie, le film devient tempétueux, le vent se lève et l'humour est grinçant, à la limite du psychodrame.

Mais la limite n'est pas franchie et c'est le talent de Bruno Podalydès, réalisateur, de son frère Denis, acteur protagoniste, on est bien dans une comédie, habile, assez profonde. Le titre du film cesse alors d'être seulement le nom du rafiot, pour devenir l'indice d'une vraie réflexion, drôle et intelligente, jamais pontifiante, sur la liberté, ses petites et ses grandes limites, sur les désirs et l'étrange réseau qu'est une famille normale en vacances. Les acteurs sont étonnants, notamment Patrick Pineau en inquiétant paysagiste et le réalisateur lui-même en marchand de bateau.

DistributionModifier

  • Denis Podalydès : Jacques Monot
  • Guilaine Londez : Albertine Monot
  • Patrick Pineau : Gaboriau
  • Arnaud Jalbert : Benoît Monot
  • Ange Ruze : Anatole Monot
  • Lou-Nil Font : Frédéric Monot
  • Eric Elmosnino : Sergio
  • Mario Diot : Caroline Lorcy
  • Bruno Podalydès : Chevreteau
  • Marie-Armelle Deguy : Florence Lorcy
  • Philippe Uchan : Éponge

Fiche techniqueModifier

  • Réalisation : Bruno Podalydès
  • Scénario : Bruno Podalydès et Denis Podalydès
  • Production : Why Not Productions
  • Photographie : Yorgos Arvanitis
  • Montage : Hervé de Luze
  • Musique : René-Marc Bini
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 107 minutes
  • Date de sortie : 20 juin 2001

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