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Luc Tuymans plasticien contemporain belge né en 1958 à Mortsel, près d'Anvers

Biographie et œuvre[]

Luc Tuymans nait le 14 juin 1958 d’un père flamand et d’une mère hollandaise. Durant la Seconde Guerre mondiale, la famille de sa mère rejoint la Résistance néerlandaise et cache des réfugiés, alors que certains membres de la famille de son père auraient sympathisé avec l'idéologie nazie. Ce fait troublant se retrouve fréquemment au cœur des conversations familiales, soulevant maintes questions morales et sentiments de culpabilité. Avant de jouer un rôle clé dans la peinture de Tuymans, ce sujet devient source de fascination et de peur.

L’intérêt de Tuymans pour l'art se manifeste dès son plus jeune âge. A dix-huit ans, Tuymans entame ses études d'art à l'Écoles supérieures des arts Saint-Luc où il reste de 1976 à 1979. Durant cette période, il se rend à Budapest et y découvre les peintures d'El Greco au Musée des Beaux-Arts de la ville. Lors d'une interview réalisée en 2020, Tuymans décrit la vision de ces peintures comme un choc, évoquant la fascination que le Greco exerce encore sur lui aujourd’hui. Il poursuit ensuite ses études à l'École nationale supérieure des arts visuels (ENSAV) de La Cambre à Bruxelles (1979-80) avant d’entrer à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers (1980-82), où il met temporairement la peinture de côté pour se concentrer sur le cinéma. Au terme de ses études artistiques, Tuymans s'inscrit à l’Université Libre de Bruxelles (VUB) en vue d’obtenir une licence en histoire de l'art (1982-86)

La peinture de Tuymans évolue rapidement. En 1977, étudiant, il peint le premier tableau exposé au public, Autoportrait. Tuymans soumet cette toile au concours national de peinture en Belgique et le remporte. Entre 1979 et 1980, Tuymans collabore avec Marc Schepers sur deux projets régionaux intitulés Morguen. Les artistes demandent à des familles d'un quartier d'Anvers de leur fournir des photographies sur l’histoire de leurs familles, enrichissant cette collection de documentation qu’ils ont eux-mêmes glanés sur le quartier. L'année suivante, le projet est publié dans le Tijdschrift voor levende Volkskunst (Journal de l'art populaire vivant) sous la forme d'un journal calqué sur le magazine historique Volksfoto. Six mois plus tard, les deux artistes se lancent dans un second projet photographique, se concentrant cette fois sur le quartier des travailleurs autour de l'église Saint-André d’Anvers.

Entre 1980 et 1985, Tuymans décide de mettre la peinture entre parenthèses et se consacre au cinéma expérimental. Certains extraits de film réalisés par l’artiste à cette époque lui serviront plus tard d'inspiration pour des peintures. Lorsque Tuymans reprend ses pinceaux en 1985, il change de technique et, depuis lors, ne passe jamais plus d'une journée sur une toile.

À partir de 1978, les peintures de Tuymans se focalisent sur la mémoire européenne de la Seconde Guerre mondiale, confrontant la célèbre question d'Adorno sur l'impossibilité de l'art après l'holocauste et « l'effondrement de toute tradition cohérente en peinture » décrit par Peter Schjeldahl. L'un des tableaux que Tuymans peint en 1986, intitulé Gaskamer (Chambre à gaz), représente la Chambre à gaz de Dachau. Cette peinture était basée sur une aquarelle qu'il avait réalisée sur place. À la fin des années 1970, Tuymans commence à peindre des autoportraits et des portraits imaginaires, des individus anonymes et des personnages historiques et publics. son approche est neutre et non psychologique. Ses portraits ôtent toute individualité, laissant le corps tel un coquillage ; le visage devient pareil à un masque.

La première exposition de Tuymans en Amérique du Nord, intitulée Superstition, se tient en 1994 à la Galerie David Zwirner (avant d’être présentée plus tard à la Art Gallery of York University à Toronto, à la Renaissance Society de l'Université de Chicago et à l'ICA Institute of Contemporary Arts de Londres). Superstition reflétait le scepticisme et l'indifférence spirituelle de l'humanité tels qu'ils se manifestent dans notre attitude face aux événements historiques récents.

Expositions (sélection)[]

  • 1995 : galerie Zeno X d'Anvers et au musée des Beaux-Arts de Nantes, l’exposition Heimat offre une réponse directe aux événements politiques de l’époque en Flandre et cible directement le nationalisme flamand.
  • 1996 : Face à l'histoire Centre Georges Pompidou à Paris
  • 1996 : Heritage David Zwirner Gallery , New York . Dix nouvelles peintures du même titre, toutes inspirées de l'ambiance qui régnait aux États-Unis après l'attentat d'Oklahoma City. La série dépeint une imagerie américaine traditionnelle, presque stéréotypée : une peinture de deux casquettes de baseball (Heritage I) ; le Mont Rushmore (Heritage VII) ; un homme au travail (Heritage VIII) ; un portrait et un gâteau d'anniversaire (Heritage IX). La série inclut également un portrait de Joseph Milteer, riche membre du Ku Klux Klan (Héritage VI)
  • 2001 : Biennale de Venise, Pavillon de la Belgique Mwana Kitoko (Beautiful Boy), inspirée de la visite d'État du roi Baudouin de Belgique au Congo dans les années 1950.
  • 2002 : Documenta 11, Cassel
  • 2004 : Tate Modern, Londres
  • 2005 : Musée d'art contemporain de Kanazawa
  • 2016 : The Arena I – VI QM Gallery Al Riwaq, Doha
  • 2019 : Biennale de Venise 2019
  • 2019 : Palazzo Grassi exposition personnelle
  • 2021 : Ouverture (Pinault-Paris)

Galerie[]

Site de l'artiste


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Palazzo Grassi 2019

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Palazzo Grassi 2019

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