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Malevil , film franco-allemand de Christian de Chalonge sorti en 1981.

SynopsisModifier

A la suite d'un cataclysme d'origine et de cause inconnues, mais qui ressemble fort à une explosion nucléaire et qui a selon toute vraisemblance ravagé la Terre entière, Emmanuel Comte, le maire du village et ses six compagnons sont réfugiés au chateau de Malevil. Le maire, Emmanuel est entouré de son adjoint, le pharmacien Bouvreuil, et deux autres conseillers municipaux, Colin et Peyssou. Se trouvent aussi là Momo, jeune homme un peu attardé, et la servante de la ferme, la mère de Momo.

Dehors, tout est calciné et détruit. La profonde cave du château leur a permis de survivre, elle contient nourritures et boissons et devient la base de départ de leurs efforts de reconstruction de la civilisation. Par miracle une jument, une génisse et une truie ont survécu ainsi que le vétérinaire qui a pu se mettre à l'abri à temps. Un peu plus loin, une jeune fille, Evelyne, est retrouvée dans une caverne par Momo. Ils sont donc huit habitants de Malevil, survivants du premier cataclysme atomique. La vie ne tarde pas à reprendre: la génisse donne naissance à un veau; le tracteur fonctionne encore et servira aux cultures; une expérience photographique prouve que l'eau de pluie n'est pas radioactive et peut être bue; quant à Colin, il se lance dans la construction d'un émetteur avec l'espoir de relier le reste du monde.

Mais cette reconstruction passe également par l'affrontement avec d'autres groupes de survivants, que ce soient des bandes errantes ou des groupes structurés. Parfois les cultures sont pillées par des moribonds qu'ils chassent au fusil. Ils sont en particulier confrontés à une bande menée par Fulbert, mégalomane et tyrannique et qui a survécu dans un train bloqué sous un tunnel pendant la catastrophe.

Cathy, qui s'est échappée pour rejoindre Malevil, raconte les mauvais traitements que Fulbert inflige aux rescapés. Emmanuel, qui était prêt à négocier en échangeant des vivres contre des médicaments, lui déclare la guerre et la gagne avec ses hommes. Des réfugiés du clan de Fulbert viennent s'installer à Malevil et des couples se forment qui donneront la vie. Mais l'émetteur fonctionne enfin. Des hélicoptères ont capté ses messages et viennent chercher les survivants: tous n'acceptent pas de partir, car cette délivrance a des relents de détention dans des camps de "normalisation" .

Critique Modifier

Partant de la situation d'origine du roman de Robert Merle Malevil et en utilisant la plupart des personnages, le traitement du scénario s'écarte progressivement du livre et s'achève par une fin complètement différente. Robert Merle, estimant que l'esprit de son roman était dénaturé, a demandé à ce que son nom ne figure pas au générique, où seule apparaît la mention : inspiré librement du roman Malevil (éditions Gallimard).

De nombreux thèmes sont abordés dans ce film : la religion, la politique, la place des femmes dans la société, le monde rural, le rôle du chef, certes sous l'angle de mini-communautés mais qui renvoient à notre société. Le message de la lutte entre une entité démocratique et une entité dictatoriale est clair, même si la limite du pacifisme est tracée, car les "bons" sont obligés de recourir aux armes pour faire valoir le bon droit. Cette opposition est développée sans verser dans un manichéisme trop réducteur. Ainsi peut voir le groupe d'Emmanuel chasser sans ménagement des survivants moribonds qui pillent leurs récoltes. La campagne devient donc ici le terreau d’un combat politique où deux forces vives se disputent le pouvoir. Ce film va donc au-delà des clivages méchants/gentils propres à ce genre de films et amène ainsi le spectateur à se poser de vraies questions.

Ce film présente plusieurs originalités intéressantes, c’est l’un des seuls films français de ce genre face à un cinéma français souvent jugé intimiste et aux blockbusters américains hyper formatés aux fins très souvent prévisibles. C'est également un des seuls du genre "post-apocalypse" à se situer en milieu rural et non en milieu urbain, comme la majeure partie de ses semblables.

La distribution est somptueuse, avec Michel Serrault en maire devenu leader du groupe des pacifiques, Jacques Villeret dans le rôle de l’attardé de service, Jacques Dutronc dans la peau du mec posé et courageux et enfin l’impérial Jean-Louis Trintignant dans le rôle du dictateur fou Fulbert.

Le directeur de la photographie a également réussi un travail formidable, puisque la peinture du monde post-apocalyptique est très bien rendue à l’écran. On comprend d’ailleurs pourquoi Max Douy, chargé des décors, a gagné un césar en 1982.

Le tout est d’ailleurs présenté avec une musique signée Gabriel Yared, tantôt bucolique, tantôt dramatique afin d’être en total accord avec les scènes d’âpre tension du film.

Distribution Modifier

Fiche technique Modifier

  • Réalisateur : Christian de Chalonge
  • Scénario : Christian de Chalonge et Pierre Dumayet, adaptation libre du roman homonyme (publié en 1971) de Robert Merle, désavouée par celui-ci
  • Production : Maki Films (Paris); Stella-Film Gmbh (München); Télécip (Paris), Antenne 2; Les Films Gibé (Paris); C.D.G. (Paris); NEF-Diffusion (Paris)
  • Directeur de production : Georges Valon
  • Producteur : Claude Nedjar
  • Musique originale : Gabriel Yared
  • Directeur de la photographie : Jean Penzer
  • Montage :Henri Lanoë
  • Durée : 120 minutes
  • Date de sortie: 13 mai 1981
  • 3 nominations et une victoire (meilleur décor) aux César 1982
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