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Place Vendôme film français réalisé par Nicole Garcia, sorti en 1998.

SynopsisModifier

Après le suicide de son mari, bijoutier de renom, Marianne qui noyait son ennui et un drame de jeunesse dans l'alcool, est confrontée à des difficultés financières et cherche, comme lorsqu'elle était courtière, à vendre la collection de pierres qu'elle trouve dans le coffre secret de son appartement, y compris à Anvers. L'origine douteuse des diamants et ses retrouvailles avec celui qui la forma jadis au travail de courtier en pierres précieuses vont l'obliger à se confronter à un passé douloureux.

CritiqueModifier

Le film est avant tout un portrait d'une femme égarée dans une maison de repos pour dames riches et enclines à boire trop. Sur les moquettes aussi épaisses que dans les salons de la place Vendôme, il y a là quelqu'un qui ne ressemble pas à une executive woman mais plutôt à une victime, une femme en perdition, incapable de porter une tasse de café à ses lèvres sans trembler comme une feuille, parlant avec la petite voix nasale d'une fillette prise en faute pour la énième fois : Marianne. En quelques séquences sidérantes d'abandon, Catherine Deneuve impose ce personnage déchu, alcoolique, à coup sûr l'un des plus marquants qu'elle ait joués.

C'est autour de cette femme décalée que le scénario est construit. On se trouve, de prime abord, en face d'un film policier. Film sombre et touffu, parfois jusqu'à l'opacité, où les voleurs sont des hommes d'affaires, leur butin des diamants et leurs planques des palaces. Le récit policier tient debout, il est consciencieusement bouclé à la fin du film, il sert surtout de support à un autre suspense, romanesque, celui-là : une histoire de trahison intime, vieille de vingt ans, que Marianne a perdu sa vie à ressasser et que les évènements ravivent soudain comme une blessure jamais cicatrisée.

Marianne était autrefois une courtière habile et amoureuse. Mais son associé, son bel amant Battistelli, était, lui, un escroc qui l'a sauvagement, incompréhensiblement lâchée au milieu d'une vente de bijoux volés. Grillée aux yeux de la place Vendôme, détruite en son for intérieur, Marianne n'est rien devenue, sinon l'épouse dépressive et stérile du respectable joailler Malivert. Vingt ans plus tard, le suicide inopiné de ce dernier la force à émerger de sa ouate alcoolisée. Elle découvre dans le coffre de son mari défunt des diamants suspects. Instinctivement, à tâtons, elle remonte une filière qui la conduit vers la source même de son mal-être, le fameux Battistelli de sa jeunesse.

Place Vendôme possède la qualité ambigüe d'être un patchwork parfaitement ordonné. Il y a à la fois une narration très classique et des notations psychologiques modernes, audacieuses ; à la fois une histoire policière compliquée et une histoire intime assez simple ; à la fois une étude quasi balzacienne d'un milieu professionnel de la joaillerie et un regard naïvement respectueux posé sur ce microcosme.

Chaque personnage et chaque scène remplissent une fonction bien précise, utile à la progression du récit, elle-même régulière comme un métronome. Cette volonté de ne rien laisser échapper confère au film un aspect un peu vitrifié. Mais les acteurs sont là, aux intonations imprévisibles, aux corps non académiques. Avant que Marianne ne redresse la tête, avant que son mari ne disparaisse, elle et lui sont surpris dans leur appartement luxueux et sinistre, tels de grands insectes blafards engourdis dans une galerie souterraine. Plus tard, dans sa remontée vers la surface, Marianne croisera Nathalie, elle aussi courtière place Vendôme, éprouvant reflet de sa jeunesse enfuie, fourvoyée de surcroît dans les mêmes pièges qu'elle vingt ans plus tôt.

Le meilleur de Place Vendôme réside dans le crescendo romanesque de la dernière demi-heure. A la croisée de toutes les intrigues, là précisément où la réalisatrice voulait en venir, se tient un face-à-face d'une justesse et d'une tension sans précédent dans le film. Battistelli et Marianne : le cavaleur en bout de course et la femme qui s'est déconsidérée à cause de lui jusqu'au naufrage. Dutronc et Deneuve : les partenaires des années 1970, confrontés comme leurs personnages à l'évidence du temps qui a passé, à l'impossibilité de refaire, de revenir en arrière.

DistributionModifier

Fiche techniqueModifier

  • Titre : Place Vendôme
  • Réalisation : Nicole Garcia
  • Scénario : Jacques Fieschi et Nicole Garcia
  • Production : Alain Sarde, Pascal Judelewicz, Anne-Dominique Toussaint et Christine Gozlan
  • Musique : Richard Robbins
  • Photographie : Laurent Dailland
  • Montage : Luc Barnier, Françoise Bonnot et Jean-François Naudon
  • Pays d'origine : France
  • Genre : Policier, drame
  • Durée : 117 minutes
  • Dates de sortie :Septembre 1998 (Mostra de Venise), 7 octobre 1998 (Belgique, France)

DistinctionsModifier

  • Prix de la meilleure actrice (Catherine Deneuve) et nomination au Lion d'Or de Saint Marc, lors de la Mostra de Venise 1998.
  • 12 Nominations au César (mais aucun César): meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleure photographie, meilleur montage, meilleurs costumes (Nathalie du Roscoat et Elisabeth Tavernier), meilleurs décors (Thierry Flamand), meilleur son (Jean-Pierre Duret et Dominique Hennequin), meilleure actrice (Catherine Deneuve), meilleurs seconds rôles masculin (Bernard Fresson et Jacques Dutronc) et meilleur second rôle féminin (Emmanuelle Seigner) en 1999.



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