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Pola X , film français réalisé par Leos Carax et sorti en 1999.

Analyse critiqueModifier

Pierre vit avec sa mère dans un château en Normandie à proximité des bords de la Seine. Ils sont beaux, riches, insouciants et ils s'aiment. Chaque matin, Pierre part avec la moto héritée de son père rendre visite à Lucie, sa fiancée. Une nuit, Marie annonce à Pierre qu'elle a fixé la date de son mariage avec Lucie.

Pierre part annoncer la bonne nouvelle à sa fiancée. En chemin, au bord de la forêt, apparaît une créature d'une beauté funèbre. Elle parle avec un fort accent des pays de l'Est : "Pierre... tu n'es pas le seul enfant, je suis ta sœur, Isabelle."

Après huit ans de silence, Carax revient avec un film étrange, il est lancé par un mouvement de caméra magique, un travelling qui se coule lentement vers la fenêtre d'un château normand et qui s'approche, par un petit matin ensoleillé, d'un volet entrouvert pour surprendre le sommeil d'une jeune fille.

Tout semble parfait dans cet univers de luxe et de calme. Où l'on se vouvoie avec cette affectation négligée qu'autorisent la richesse et le rang social. Où l'on s'appelle « mon frère », « ma soeur », mots de passe d'un jeu secret. Mais, précisément, tout est un peu trop beau. Une menace invisible semble grignoter les apparences. Une jeune femme énigmatique semble épier Pierre à distance, le traquer.

Carax filme la rencontre de Pierre et de cette jeune femme en un plan-séquence tournoyant, zigzagant et sombre, qui, sur la longueur, provoque à la fois l'énervement et la fascination. Et, soudain, tout devient noir. Aussi noir que tout était blanc. Il n'y a pas de gris chez Carax.

Remarquable, la séquence où Pierre décide d'affronter les autres, sur un plateau de télévision, en révélant sa véritable identité. Son éditrice, une vieille dame prénommée Marguerite et à qui Patachou prête une voix sourde à la Duras, lui rappelle cette phrase de Musil : « On ne peut en vouloir à son époque sans en être aussitôt puni.» Ou encore ce plan de Catherine Deneuve, rimmel en déroute, fonçant vers son destin, à moto, la nuit, comme enveloppée d'arbres fantomatiques.

Mais, entre deux fulgurances, l'intrigue piétine. Carax tend à privilégier plus que jamais son plaisir (et sa douleur) de filmer, sans chercher vraiment à les partager avec ceux qui ne demanderaient que ça. Le long chemin de Pierre pour saisir l'insaisissable vérité oscille donc, constamment, entre l'émotion, sa transformation morale qui le mène à l'épure, et la naïveté, sa transformation physique qui en fait, sur la fin, un barbu à lunettes, une caricature de nihiliste.

Le film est l'adaptation actualisée du roman Pierre ou Les ambiguïtés écrit par Herman Melville et initialement publié en 1852. Le titre du film en est l'acronyme (PoLa) suivi du chiffre romain X signifiant la dixième version du scénario.

DistributionModifier

Fiche technique Modifier


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