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Ravel Ravel Unravel, œuvre multimédia de Anri Sala, produite pour représenter la France à la 55e exposition internationale d’art de la Biennale de Venise.

L'installationModifier

Construit sur le verbe to ravel qui en anglais signifie « emmêler » et son contraire, to unravel, qui signifie « démêler », entre lesquels a été inséré l’homographe de to ravel, Ravel, en référence au célèbre compositeur français Maurice Ravel, auteur en 1930 du Concerto en ré pour la main gauche, qui constitue ici le cœur du projet d’Anri Sala. La course des mains quasi-jumelles L'originalité réside dans l’interprétation d’une même musique par deux pianistes, le Français Jean Efflam Bavouzet et le Canadien Louis Lortie. L’artiste précise : « chaque film se concentre sur la chorégraphie de la main gauche s’appropriant l’intégralité du clavier, tandis que la main droite demeure immobile ».

Ce Concerto pour la main gauche a été composé par Maurice Ravel à la demande du pianiste allemand Paul Wittgenstein, qui avait perdu son bras droit lors de la Première Guerre mondiale. Déployée sur deux portées et tout le registre du piano, mêlant une courbe d’accompagnement et une ligne mélodique comme s’il y avait deux mains, cette œuvre réparait, par l’ampleur de son écriture, l’infirmité de son interprète, lui restituait son intégrité.
Les deux versions du Concerto commencent de manière asynchrone avant de se caler peu à peu l’un par rapport à l’autre, puis de se disjoindre à nouveau. Ce décalage temporel produit un sentiment perceptible d’espace.

Dans les salles latérales du pavillon, sous le titre Unravel, un film montre une DJ qui mixe les deux versions des pianistes pour tenter, en les démêlant, de restituer leur unité première.

Dans ces films Anri Sala poursuit son travail sur l’espace et le son ainsi que sur le langage silencieux du corps. Il propose une expérience sur la différence et le même, dans une œuvre ambitieuse, qui pousse encore plus loin ses recherches de spatialisation sonore. L’œuvre fait autant appel à l’intellect qu’au corps du spectateur, générant une puissante expérience physique et émotionnelle, l’immergeant dans la musique.

Pour Anri Sala, les espaces du Pavillon allemand s’avèrent riches en possibilités pour son travail sur le son et l’espace. Sans se focaliser sur l’histoire du bâtiment, l’artiste n’en est pas moins intéressé par les résonances particulières que celui-ci et son histoire donneront à son œuvre.

Christine Macel, commissaire du pavillon français et Anri Sala ainsi que Susanne Gaensheimer, commissaire du pavillon allemand et les artistes invités ont décidé d’échanger les espaces des pavillons français et allemand à l’occasion de la biennale. Le dialogue international joue aujourd’hui un rôle essentiel dans le monde de l’art, qui se caractérise bien plus par la perméabilité des sphères culturelles que par la rigidité des frontières nationales. Cet échange participe de cette vision d’une culture européenne commune, partie intégrante d’une communauté culturelle globale.

Cette œuvre fait l’objet d’une commande publique du Centre national des arts plastiques (ministère de la Culture et de la Communication) ; à ce titre, un ensemble d’œuvres rejoindra le fonds national d’art contemporain, collection de l’État.

VidéoModifier

GalerieModifier

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