FANDOM


Richard Baquié plasticien contemporain français, sculpteur, né le 1er mai 1952 à Marseille et mort le 17 janvier 1996 dans cette même ville

Biographie et œuvreModifier

Soudeur, chauffeur de poids lourd avant d’être sculpteur, Richard Baquié produit ses premières œuvres au début des années quatre-vingt, après des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Luminy.

La culture musicale, plastique ou cinématographique des années 1960-70 imprègne la sensibilité artistique de Richard Baquié, qu'il exprime par le biais d'objets recyclés et détournés : morceaux de voiture, avion de fer blanc, associés à des mots, des sons et des images.

La fin de l’ère de la mécanisation, la réévaluation des pratiques vernaculaires, la présence de l’immense chantier que constituent les suites de la guerre, l’extinction de l’industrialisation, les répercussions du consumérisme, conduisent les artistes à explorer, en particulier au travers du Pop Art aux USA, du Nouveau Réalisme en Europe, un champ où la sculpture redéfinit ses moyens, se libère des conventions usuelles pour venir s’abreuver à toutes les ressources visuelles, formelles, allégoriques, imaginaires, issues de ces décombres. Chacun travaillant spécifiquement à dépecer, dénombrer, sélectionner les différentes composantes d’une "Vanité" à la mesure d’un monde révolu.

Dans ce paysage d’éclipse et de relevailles, à la fois stimulant et funèbre, Richard Baquié introduit, avec un sens inné de la poésie des choses, un ton à la fois léger et mélancolique, désenchanté et tendre, une dimension narrative, sensible, sentimentale et biographique, qui le sauve de toute banalité, contribue à renouveler de fond en comble la perception de cet univers de vestiges et à lui redonner miraculeusement vie.

Artiste intuitif et lucide, il ne néglige rien des différentes étapes qui avaient permis à la sculpture de s’affranchir de la lourde tyrannie de ses habitudes et de ses processus techniques. Dans une vision interdisciplinaire, décloisonnée, qui préfigure les modes déconstructifs de l’installation, qui rappelle parfois, mais sur un ton élégamment désinvolte, les pratiques de l’Arte Povera, il se plaît à faire cohabiter et dialoguer le son, la lumière, le cinéma, la photographie, le mouvement, l’eau, l’électricité, et les matériaux les plus disparates… Toutes ces structures, tous ces assemblages, se jouent avec une virtuosité désarmante, un sens ludique constant, de la diversité de leurs amalgames délibérément composites, affichant une prédilection pour la fragilité de processus issus de la récupération et du bricolage.

L'ensemble de l'œuvre de Richard Baquié récupère, mêle, détourne les matériaux, les objets et les mots, leurs formes, leur propriété et leur sens. Utilisant l'association, l'assemblage, le collage et la discordance de fragments d'objets et de mots; la pauvreté des matériaux, leur caractère de déchets industriels.

À propos de l'œuvre de Richard Baquié on évoque Robert Rauschenberg pour l'attitude artistique où le bricolage ; on évoque aussi Marcel Duchamp, pour l'appropriation et le détournement. Dans un entretien Baquié déclarait : « J'ai toujours été séduit par le pouvoir des mots et le chiasme qu'ils produisent si vous les mettez sur le même plan que les images. Il s'agit, pour les mots comme pour les objets - mais n'est-ce pas la même chose ? - d'appropriation ».

De 1993 à 1996, Baquié est professeur de sculpture à l'école nationale supérieure des Beaux-Arts.

Richard Baquié meurt d'un cancer foudroyant à 43 ans, le 17 janvier 1996 à Marseille.

Expositions (sélection)Modifier

Posthumes

  • 1997 Rétrospective, Bordeaux, Capc Musée d'art contemporain
  • 2013 Rétrospective FRAC Marseille
  • 2017 Dioramas Palais de Tokyo
  • 2018 Persona grata Mac/Val

GalerieModifier

Baquie1376
|Nulle part est un endroit

Baquie1988
Un instant de doute

Baquie1990

Baquie1993

Sauf mention contraire, le contenu de la communauté est disponible sous licence CC-BY-SA  .