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Le séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tôhoku au Japon est un tremblement de terre d'une magnitude 9,0 survenu au large des côtes nord-est de l'île de Honshû le 11 mars 2011. Son épicentre se situe à 130 km à l'est de Sendai, chef-lieu de la préfecture de Miyagi, dans la région du Tōhoku, ville située à environ 300 km au nord-est de Tokyo. Il a engendré un tsunami dont les vagues ont atteint une hauteur estimée à plus de 30 m par endroits.

DescriptionModifier

L'archipel du Japon se trouve dans une zone sismique et volcanique très active. Il est en effet situé sur la ceinture de feu du Pacifique, à la jonction de trois plaques tectoniques (les plaques pacifique, eurasienne et des Philippines). Placé également au-dessus de zones de subduction, l'archipel japonais subit ainsi de nombreux séismes associés quelquefois à des tsunamis.

Les archives historiques ont recensé seize séismes-tsunamis depuis 1611 situés au nord de l'île principale. Un de ces séismes les plus meurtriers ayant affecté cette région a eu lieu le 15 juin 1896 au large des côtes du Sanriku. Sa magnitude a été estimée à 8,5. Il déclencha un tsunami avec un déferlement (run-up) d'une hauteur maximale de 38 mètres, et tua 22 066 personnes. Un autre eut lieu le 2 mars 1933, légèrement plus au nord, faisant environ 3 000 victimes causées par le tsunami suite au séisme avec un déferlement estimé à 28,5 m à Ofunato.

Ce séisme est né le long de la fosse océanique du Japon à la limite de deux plaques lithosphériques convergentes : la plaque pacifique (plaque lithosphérique océanique), qui se déplace vers le nord-ouest d'environ 9 centimètres par an et qui est en subduction sous la seconde plaque ; la plaque eurasienne (plaque lithosphérique continentale), qui se déplace vers le sud-est à une vitesse de 0,95 centimètre par an.

Dès le 9 mars la terre tremble dans la région avec une première secousse de magnitude 7,2 à environ 40 km de distance de la secousse principale, suivie le même jour par trois secousses de magnitude supérieure à 6,0. Ce séisme est dû au glissement brutal estimé à 10 m de hauteur d'une très grande faille inverse de 400 à 500 km de long et 30 km d’épaisseur située à quelque 120 km des côtes japonaises. La très forte magnitude de ce séisme s'expliquerait par le jeu des pressions et tensions qui se sont accumulées pendant environ un siècle depuis le dernier séisme dans cette région.

La secousse principale d’une magnitude de 9,0 s’est produite à 14 h 46 min 23 s locales (5 h 46 min 23 s UTC) au large des côtes nord-est du Japon à 32 kilomètres de profondeur, faisant violemment tanguer les immeubles de Tokyo. Le séisme a été ressenti jusqu'à Pékin. Il a duré environ deux à trois minutes avec une propagation unilatérale estimée à 2,7 km/s. Ce séisme est considéré comme « dévastateur » et il en survient un tous les 20 ans. D'après l'échelle de magnitude du moment, il fait partie des cinq séismes meurtriers les plus puissants depuis 1900 avec celui du Kamtchatka (magnitude de 9,0) en 1952, celui du Valdivia (de magnitude 9,5) en 1960, celui de l'Alaska (de magnitude 9,2) en 1964 et celui de Sumatra (de magnitude 9,1) en 2004.

Le séisme principal a été suivi le même jour de nombreuses répliques dont 56 de magnitude supérieure à 6 en date du 13 avril 2011; l’une d’elles de magnitude 6,4, s’est produite à 15 h 6 locales (6 h 6 UTC) et une de magnitude 7,1 environ quarante minutes plus tard. Les autorités japonaises craignaient dans les répliques à venir la haute probabilité de voir l’une d’elles atteindre une magnitude supérieure à 7, ce qui s'est effectivement produit le 7 avril.

ConséquencesModifier

À la suite du séisme, l'île principale du Japon, Honshû, s'est déplacée de 240 cm vers l'Est, au lieu des 83 millimètres en moyenne annuels. De gigantesques tourbillons se sont formés au large des côtes et plusieurs volcans se sont manifestés par des explosions comme le mont Shinmoe ou le Sakurajima. Les zones côtières se sont assez fortement enfoncées, leur altitude diminuant de 20 à 84 cm.

De tels séismes déclenchent presque à chaque fois un tsunami d'importance. Celui-ci a déferlé sur les côtes pacifiques du Japon et d'au moins une vingtaine de pays, incluant l'intégralité de la côte du Pacifique de l'Amérique, soit de l'Alaska au Chili provoquant l'alerte au tsunami et les évacuations des populations habitant sur les zones côtières.

Ce séisme de magnitude 9 n'est responsable que de peu de victimes et dégâts grâce à la qualité des constructions parasismiques japonaises. Le nombre de morts due aux conséquences directes du séisme est estimé à 1800, L'ampleur de cette catastrophe résulte essentiellement du tsunami qui s'ensuivit et qui est à l'origine de plus de 92 % des 18 079 morts et disparus, des destructions et des blessés, ainsi que de l'accident nucléaire de Fukushima dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

La reconstruction va prendre plusieurs années et son coût estimé en fait déjà le séisme le plus onéreux de l'Histoire après celui de Kōbe en 1995. Les pertes économiques estimées sont de l'ordre de 210 milliards de dollars.

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