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Sekisho (关所) désigne un un point de contrôle situé sur les routes principales du Japon médiéval.

DescriptionModifier

Le sekisho servait principalement au contrôle de la circulation des personnes et de certains biens. À certains moments, ces points de contrôle ont servi à percevoir des péages, à générer des revenus pour la cour impériale ou pour le shogunat.

Un système de passeports, a été mis en place pour réglementer la circulation ds personnes. Les pièces d'identité étaient nommées sekisho tegata, ou tout simplement tegata. Au 18ème siècle, le voyageur Sugae Masumi , décrit ces passages comme le contrôle de l'identité du voyageur, son origine et sa destination, ses vêtements et si il possède une courte épée. Il y avait généralement des frais pour passer chaque contrôle, et son passage était marqué sur son document.

Cinquante-trois points de contrôle étaient en place à l'ère Edo le long des routes Gokaidô, soit environ tous les 45 km. Un des buts de cet dispositif de contrôle était de faire respecter le système Sankin-kôtai. Le Sankin-kōtai (参勤交代, littéralement rotation de services) était un système de résidence alternée des daimyos (大名) qui les obligeait à passer une année sur deux à Edo et à y laisser leur femme et leurs enfants lorsqu'ils retournaient au han (藩, fief).

Pour le pouvoir shogunal, cette double résidence a non seulement l'avantage d'offrir un moyen de pression sur les daimyo par la prise d'otages, mais aussi celui de peser lourdement sur leurs finances personnelles, obligés qu'ils sont de se déplacer avec leur suite entre deux résidences dont ils doivent assurer l'entretien.

HistoriqueModifier

Les Sekisho sont apparus dans la période Heian (794-1185), ou peut-être même plus tôt, mais dans la période Edo (1600-1868), ils ont été généralisés et intégrés dans le système en plein essor et complexe des réseaux commerciaux nationaux. Des villes ont grandi autour de ces points, devenant elles-mêmes des centres d'activité.

Les obstacles ont également servi de sources de revenus à la période Muromachi ; les sekisho ont été construits en grand nombre, non seulement par la cour impériale ou shogunale, mais aussi par les détenteurs du pouvoir local et par les temples importants.

La construction de points de contrôle a augmenté pendant la période troublée Sengoku (1477-1573), avec de nombreux dirigeants régionaux (Sengoku daimyo) construisant des barrières à la fois à des fins défensives et pour percevoir des recettes. Oda Nobunaga et Hideyoshi Toyotomi ont travaillé à détruire la grande majorité de ces obstacles, pour aider la circulation plus libre des échanges et donc la prospérité économique, mais aussi pour permettre l'extension de leur propre pouvoir politique et militaire sur l'archipel, sans être gêné par des obstacles érigés par les détenteurs du pouvoir locaux.

Certains de ces points de contrôle étaient ceux qui existaient déjà avant la création du shogunat, mais la plupart ont été construits pendant le règne du Shogun Hidetada Tokugawa (régnant de 1605 à 1623 ), avec le dernier des 53 sekisho créé en 1686.

Le système Sankin-kōtai existait déjà pendant l'ère Muromachi mais il fut institutionnalisé en 1635. Il s'assouplit par une réforme sur les modalités de service en 1862 et disparut en 1865. Les sekisho ont été démantelés en même temps, ce qui prouve que leur justification principale était bien le contrôle du déplacement des daimyo.

Reconstitution du sekisho d'HakoneModifier

Hakone fut une étape importante sur la route Tôkaidô (la 10e des Cinquante-trois Stations). Déjà à cette époque, les onsen faisaient la renommée de la ville, en offrant un peu de repos aux voyageurs de la station. Mais, à cause de son relief et ses profondes vallées, cette station présentait un intérêt stratégique. Très tôt, le gouvernement y plaça un sekisho, qui était situé au bord du Lac Ashi, dans une partie étroite, au sud de la station d'Hakone. Il était relié à celle-ci par une route pavée connue sous le nom d'Allée des cèdres.

Démantelé, comme tous les autres sekisho, en 1865, il fit l'objet d'un rapport détaillé, le "Soshu Hakone Osekisyo Goshuhuku Dekigatacho". Ce rapport a été retrouvé dans la préfecture de Shizuoka en 1983. Une analyse approfondie du rapport a révélé des détails pour le fonctionnement, les bâtiments et les structures du Sekisho d'Hakone. Une fouille complète et la restauration ont commencé en 1999. De nos jours la restauration est achevée et l'ensemble des bâtiments se visite.

D'après ce rapport, on sait qu'il y avait un responsable officiel (Bangashira), un assistant Bangashira (Yokometsuke), trois Jobannin, quinze petits fonctionnaires. En plus de ces fonctionnaires, il y avait les fonctionnaires féminins appelées Hitomionna, pour l'inspection des femmes.

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