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Tatsumi Hijikata ( japonais 土方 巽, Hijikata Tatsumi) Danseur japonais, chorégraphe, performeur né en 1928 et mort en 1986

Biographie et œuvreModifier

Tatsumi Hijikata, de son vrai nom Yoneyama Kunio est né en 1928, dans la région d'Akita au nord du Japon, le dixième d'une famille de onze enfants, sous le nom de Yoneyama Kunio. Après avoir fait la navette entre Tokyo et sa ville natale à partir de 1947, il s'installe définitivement à Tokyo en 1952, année de la fin de l'occupation américaine du Japon. Il prétend avoir d'abord survécu en tant que délinquant par des actes de cambriolage et de vol, il étudie les claquettes, le jazz, le flamenco, le ballet et la danse expressionniste allemande.

À cette époque, Hijikata rencontra trois personnages qui seraient des collaborateurs essentiels pour son futur travail: Yukio Mishima , Eikoh Hosoe [ne] et Donald Richie .

En 1958, lors du VIe festival des jeunes danseurs organisé par l’AJADA, Hijikata présente la pièce Kinjiki (Couleur interdite), conçue d’après un roman homonyme de Yukio Mishima. Danse d’une durée de cinq minutes où le cou d’une poule étreinte entre ses jambes et la présence, au loin, d’un partenaire masculin, signifiée par des bruits de course dans le noir, entendent bien manifester l’acte sexuel et son interdit. Hijikata était poussé par le désir de secouer l’apathie ambiante, de rompre les non-dits et le silence convenu entre chorégraphe et public, de restaurer un dialogue entre corps et danse. L’action provoque alors un immense scandale. Mishima, invité à une reprise de Kinjiki, célèbre Hijikata par un hommage qui contribuera à le faire reconnaître par ses contemporains : « Hijikata Tatsumi se prépare à célébrer à nouveau son culte hérétique et m’y a secrètement convié. Dans mon impatience d’assister à cette soirée, je songe à dresser un masque ténébreux, quelques épices mystérieuses et une croix portant l’obscène effigie d’un Christ souriant. » La démonstration publique de l’intérêt que le célèbre écrivain a manifesté au danseur a sans doute encouragé l’avant-garde d’alors, favorisant indirectement la pérennité des actions du butô et son inscription sur la scène artistique japonaise.

Le terme japonais butô (舞踏) est composé de deux idéogrammes ; le premier, bu, signifie « danser » et le second, tō, « taper au sol ». Il désigne depuis le xixe siècle les danses étrangères importées au sein de l'archipel. À sa naissance, le butô a été nourri par les avant-gardes artistiques européennes (parmi lesquelles l'expressionnisme allemand, le surréalisme, la littérature des écrivains maudits d'Occident, etc.) Le butô est imprégné de bouddhisme et de croyances shintô. Cette danse, proche de la performance, n'est pas spectaculaire au sens où elle relève d'une introspection, d'une disponibilité au monde. Explorant les spécificités du corps japonais, le butō aborde des thématiques universelles. Cette danse subversive se caractérise par sa lenteur, sa poésie et son minimalisme. Elle évoque une imagerie grotesque, des sujets tabous, des environnements extrêmes, absurdes. Le butô est couramment dansé avec le corps presque nu, peint en blanc et le crâne rasé, souvent interprété avec des mouvements extrêmement lents.

Expositions (sélection)Modifier

GalerieModifier

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