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The Clock est une œuvre vidéo d'une durée de 24 heures de Christian Marclay, présentée en 2010. Cette œuvre a constitué un des événements de la 54ème Biennale de Venise où Christian Marclay s'est vu décerner le Lion d'or du meilleur artiste.

PrésentationModifier

The Clock est une vidéo de 24 heures, comportant un mécanisme cinématographique réglé pour indiquer l'heure en temps réel, synchronisé sur le fuseau horaire correspondant au lieu d'exposition. Le spectateur sait ainsi avec précision, en regardant la vidéo, quelle heure il est.

Grâce à la technique du fragment, Christian Marclay réalise un montage de plus de 3000 extraits, puisés dans toute l'histoire du cinéma, des comédies en noir et blanc des années quarante aux séries B des années quatre-vingt-dix, des films d'avant-garde des années soixante aux films à suspense des années quatre-vingts et qui tous rendent visible le temps qui passe à travers une multitude de plans d'horloges, de réveils, d'alarmes, de montres, d'actions ou de dialogues illustrant cet implacable écoulement.

Le spectateur a alors l'impression d'assister à une fiction en temps réel. Ce qui relève, dans les films originaux, d'un coup d'œil furtif sur les horloges devient ici une exploration illimitée de la nature illusoire du temps et de la façon dont nous l'appréhendons. Le son joue sa propre partition. Christian Marclay l'utilise comme un liant, une symphonie de sonneries, de tic-tac, de pas, de cris, rires et pleurs, de musique. Les équivalents formels entre le temps et la musique deviennent sensibles et The Clock est aussi une œuvre musicale, rendant le spectateur captif, aux aguets, dépendant de ces sonorités angoissantes. Il y a aussi des plans récurrents de disques sur des tourne-disques, dévidage de temps linéaire un peu comme une bobine de film.

Les horloges sont au cœur de la vidéo. Cela comprend les horloges murales, de cheminée, de grand-père, de table de chevet ; horloges des clochers, des tours, des tableaux de bord et des bombes et des horloges dans les gares, les vitrines et les vaisseaux spatiaux ainsi que quelques sabliers et cadrans solaires. Et puis il y a les montres, qui sont écrasées, mises en gage, transmises de père en fils, ou encore utilisées comme des armes comme celles de James Bond. Elles glissent des poignets des victimes assassinées, sont présentes sur les scènes de crime et fournissent les preuves médico-légales. Elles sont synchronisées, secouées et écoutées pour voir si elles fonctionnent. L'heure est demandée dans une gamme complète de tons auprès de gens les plus divers. Quand monte la tension, quand le temps est compté, on marmonne ou crie le temps qu'il reste.

Christian Marclay utilise fréquemment dans moments du même film, par exemple, La machine à explorer le temps (George Pal, 1960). Les moments clés de Laura, avec son horloge rococo et le journal du chroniqueur meurtrier, Waldo Lydecker, sont tous ici. Peu à peu, se dessinent également des mini-rétrospectives des actrices comme Bette Davis et Joan Crawford qui vieillissent dans le temps virtuel d'un rôle à l'autre.

Les heures rondes arrivent habituellement avec des crescendos de sons et d'images. High Noon apporte beaucoup de ces heures cruciales. A 4 heures de l'après-midi, Robert Redford, joueur de baseball du Meilleur (Barry Levinson, 1984) brise le cadran de l'horloge du tableau de bord avec un home-run gagnant. A 8 heures du soir, une succession d'orchestres commencer à jouer derrière des rideaux de théâtre ou en plein air. A minuit, Big Ben, qui est très présente dans le film, explose, et Orson Welles est embroché sur l'épée d'un chevalier de taille réelle sur une horloge géante dans Le criminel (1945). Clark Gable, Rhett Butler dans Autant en emporte le vent se précipite alors pour réconforter sa petite fille, réveillée par un cauchemar, et annoncer la venue du temps des rêves.

Une séquence d'un même film est souvent interrompue par des segments d'autres films, en intensifiant son suspense et nous faisant prendre conscience de l'approche plan par plan du dénouement minuté dans le temps. En effet, la plupart des films présentent les moments clés de façon condensée et non synchrone.

Le film transmet le poids du temps, une version cinématographique de la vie, encapsulé dans une recherche encyclopédique des interactions humaines où sont juxtaposés de moments d'amours, de crimes, de prises d'otages, de mort et de destruction. La juxtaposition de ces films exhalte aussi le travail collectif du cinéma : acteurs, réalisateurs, cinéastes, costumiers et maquilleurs.

Le mouvement des images a lieu en temps réel mais la cohérence chronologique est fracturée en tout sens. The Clock est un jeu avec l’expérience du récit traditionnel qui déconstruit la convention illusoire par laquelle une histoire au cinéma offre une durée convaincante. L'œuvre est à la fois un hommage à l'histoire du cinéma vieille de plus de cent ans et une affirmation du temps présent.

RéalisationModifier

Christian Marclay a réalisé seul le montage.

Six assistants ont trouvé les séquences liées au temps.

Six copies de la vidéo ont été éditées. Le Museum of Fine Arts de Boston et le Los Angeles County museum (LACMA) ont acquis une copie.

"The Clock" a été montrée pour la première fois à la galerie White Cube de Londres en 2010. Elle a été présentée à la galerie Paula Cooper à New York au début de 2011 puis au Musée d'art Leeum Samsung de Séoul, au Garage à Moscou, au 'British Art Show' de Nottingham, à la Hayward Gallery de Londres et au Centre Georges-Pompidou en septembre. Pour cette œuvre, Christan Marclay reçoit en juin 2011 le Lion d’or du meilleur artiste de la 54e Biennale de Venise.

GalerieModifier

Theclock.jpg

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