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The Tree of Life, ou L'Arbre de la vie, film américain sorti en 2011.

Après l'annulation de la présentation en avant-première au Festival de Cannes 2010 en raison de retards de montage, le film y est présenté en 2011. Il reçoit la Palme d'or au Festival de Cannes 2011.

Analyse critique Modifier

Conçu comme « une épopée cosmique, un hymne à la vie » le film porte un regard croisé sur la genèse de la terre et la jeunesse difficile d'un garçon des années 1950.

Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement, la mort d'un des fils, vient troubler cet équilibre précaire.

Jack vit un chemin de croix christique, de la vie presque animale du petit enfant, qui ne pense pas le monde mais simplement y existe, à l’enfant qui grandit, devient lentement adulte et s’interroge de plus en plus sur le sens de son existence et sur le bien fondé des règles qui en définissent les frontières. Au « pourquoi ? » de l’existence succède le « comment ». Pourquoi son père est si dur avec eux, et avec lui en particulier ? Pourquoi les oblige-t-il à l’appeler « Sir » tout en les grondant s’ils ne viennent pas l’embrasser comme chaque enfant le fait à son père ?

Il les élève uniquement dans le but qu’ils puissent s’insérer dans une société qu’il juge impitoyable, et qu’ils y réussissent. Il ne les élève pas tels qu’ils devraient être, bons, mais selon ce que le monde est, dur et injuste. Lui-même voulait devenir musicien, mais il a préféré durcir son cœur, étouffer sa sensibilité pour vendre des brevets de produits industriels obscurs. Il a détruit en lui sa nature, et veux faire pareil avec ses fils, excepté avec celui qui aime jouer de la guitare qu’il semble voir comme sa rédemption. Mais c’est cet enfant qui mourra.

Ne pas comprendre le père, ne pas vouloir lui pardonner, se réfugier dans l’amour unique de la mère, de la nature, c’est en vérité croire qu’on n’est pas humain. L’homme y répond de diverses manières, se réfugiant dans les mythes de la religion, de la mission civilisatrice de l’homme ou du bon sauvage. Parce que la structure des films de Terrence Malick montre l’harmonie naturelle brisée par l’irruption de la civilisation occidentale, on pourrait croire que son point de vue est manichéen, puisqu’il ne cesse d’exalter la communion de l’homme avec la nature, en opposition avec la destruction de celle-ci par la société, qui amène avec elle ses conflits et ses enjeux si dérisoires en comparaison.

Les personnages de Terrence Malick rêvent de vivre en communion avec la nature, en totale symbiose et pureté, mais cela n’est qu’un espoir, un rêve jamais réalisé, un souvenir d’un âge d’or passé dont ils se demandent s’il a réellement existé.

Terrence Malick montre le processus de l’erreur humaine. Il nous montre comment on peut errer en quête d’une réponse à ce « Comment exister », et n’apporter pour solution que des moyens de destruction de l’existence. Quant on sait à quel point la vie est un miracle né du hasard et des lois physiques, quant on a entraperçu cette émergence incroyable, quant on a vu ces enfants rire, ces parents jouer avec eux, comment ne pas souffrir de voir ces existences à peine écloses se flétrir. Comment ne pas ressentir un terrifiant gâchis existentiel. Un homme se fait arrêter par des policiers, les gamins détruisent ce qui existe et vit comme la grenouille, pour se sentir libre, le fils prie pour que son père meure et, dans une séquence glaçante, on le voit tenté de tuer son père en faisant s’abattre sur lui la voiture qu’il est en train de réparer.

Nul autre que Malick ne saurait donner aux événements qui jalonnent ce roman familial une telle densité émotionnelle et sensorielle. Les deux stars masculines perdent tout clinquant hollywoodien pour se fondre dans le grand dessein du maître et ses ellipses vertigineuses. Mais cette pensée se déployait dans ses précédents films implicitement, elle découlait du récit. Cette fois, elle est déclamée par une voix off professorale qui présente les « deux ordres du monde » : celui de la nature et celui de la grâce, a priori chrétienne.

L'histoire de cette famille d'abord harmonieuse, où le mal et la haine s'insinuent peu à peu, est déjà en soi une sorte d'allégorie, de mythe. Pourquoi, alors, lui adjoindre toute une cosmogonie en images, un film dans le film, spectacle son et lumière avec big bang, soupe primitive, dinosaures, éruptions volcaniques et fonte des glaces ? C'est pire quand il se pique de représenter l'au-delà, zone franche et blanche, dont les habitants, à l'allure spectrale, aux regards illuminés, folâtrent et se cajolent sans fin.

Un peu comme ces vaisseaux spatiaux dont le contrôle au sol constate qu'il est en train de les perdre, The Tree of life finit, malgré ses nombreuses fulgurances, par dériver vers des hauteurs prétentieuses, au symbolisme désuet. Les références à 2001 Odyssée de l'espace, Avatar, voire Jurassic Park sont évidentes mais ne plaident pas en faveur de cette Palme d'or qui vieillira rapidement. N'est pas Stanley Kubrick qui veut.

Distribution Modifier

  • Brad Pitt : M. O'Brien
  • Sean Penn : Jack adulte
  • Jessica Chastain : Mme O'Brien
  • Fiona Shaw : la grand-mère
  • Kari Matchett : l'ex-amie de Jack
  • Joanna Going : l'épouse de Jack
  • Jackson Hurst : Oncle Ray
  • Jennifer Sipes : la sixième femme
  • Brenna Roth : une femme
  • Crystal Mantecon : Elisa
  • Kimberly Whalen : Mme Brown
  • Will Wallace : Will
  • Zach Irsik : le fils de M. O'Brien / Jack enfant
  • Lisa Marie Newmyer : la première femme
  • Brayden Whisenhunt : Jo Bates
  • Tamara Jolaine : Mme Stone
  • Michael Showers : M. Brown
  • Hannah Wells : une nageuse
  • Tom Townsend : Randy

Fiche technique Modifier

  • Titre : The Tree of Life
  • Titre québécois : L'Arbre de la vie
  • Réalisation : Terrence Malick
  • Scénario : Terrence Malick
  • Production exécutive : Donald Rosenfeld
  • Directeur de la photographie : Emmanuel Lubezki
  • Direction artistique : David Crank
  • Musique : Alexandre Desplat
  • Durée : 138 minutes
  • Date de sortie : 17 mai 2011
  • Palme d'or au Festival de Cannes 2011


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