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Un air de famille film français, réalisé par Cédric Klapisch en 1996, d'après la pièce de théâtre homonyme d'Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri.

AnalyseModifier

La famille Ménard se réunit toutes les semaines pour un repas au restaurant tenu par Henri, Au Père Tranquille. Le départ de la femme d'Henri va révéler toutes les rancunes familiales. Le bistrot est tenu par Henri , tout renfrogné, tricot sans manches et cravate rouge sur chemise jaune. Le barman lymphatique, c'est Denis qui paraît bien connaître la cliente à la Suze, là-bas, Betty, adolescente attardée et soeur d'Henri. Il ne manque plus que Philippe, leur frère, qui vient de passer à la télé aux infos régionales. Le voici qui débarque avec sa femme Yolande , gentille, un peu cruche... et la mère, veuve encombrante et autoritaire. La petite famille a prévu d'aller dîner aux Ducs de Bretagne, le restaurant chic du coin, selon un rituel hebdomadaire.

Cédric Klapisch adapte une pièce très écrite, rodée et interprétée par ses auteurs mêmes, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri. Sans doute ceux-ci ont-ils trouvé au cinéaste « un air de famille », puisqu'ils lui ont fait confiance. Les héros n'iront jamais aux "ducs de Bretagne, de même qu'on ne verra pas Arlette, la femme d'Henri, l'autre Arlésienne de l'histoire. Nous restons avec eux, et Klapisch exploite à fond les ressources de son décor unique : un détail du carrelage, un reflet du robinet à bière, le juke-box, l'aquarium, le passe-plat font jouer la lumière dans cette salle qui s'assombrit avec la tombée du soir. Là où il aurait pu simplement passer les plats, il donne du relief à ce petit théâtre et joue de la profondeur de champ.

Surtout, sortis de la routine du théâtre, les acteurs donnent le meilleur d'eux-même. Soumis à une autre discipline, ils lâchent ces émotions que seul sait capter un regard de cinéaste. Serrés de près, leurs visages envahissent l'écran de toute leur chair, de toutes leurs failles, de toute leur humanité. Sympathique (Betty et Denis), touchant (Henri et Yolande) ou pathétique (la mère et même le fat Philippe), chacun se voit offrir une chance pour faire exister son personnage.

Et comme tous la saisissent, diversement mais avec un beau brio d'ensemble, le film s'élève au-dessus de la satire convenue d'une certaine France profonde et de sa petite-bourgeoisie rance. Chez ces gens-là, monsieur, on se ment, on s'étouffe, on s'aime, on se reconnaît. En les voyant, on croit se payer la gueule de l'autre, mais on peut aussi s'apercevoir soi-même au détour d'une grimace ou d'une lâcheté. C'est l'inusable, la très ordinaire comédie humaine, avec ses tragédies mineures.

DistributionModifier

  • Jean-Pierre Bacri : Henri Ménard, le patron du "Père tranquille"
  • Wladimir Yordanoff : Philippe Ménard, son frère "qui a réussi"
  • Catherine Frot : Yolande Ménard, la femme de Philippe
  • Jean-Pierre Darroussin : Denis, l'employé du "Père tranquille"
  • Claire Maurier : la mère, dont Philippe est le fils préféré
  • Agnès Jaoui : Betty Ménard, la sœur de Henri et de Philippe
  • Cédric Klapisch : le père en 1967
  • Antoine Chappey : le voisin de la cité
  • Zinedine Soualem : un consommateur

Fiche techniqueModifier

  • Titre : Un air de famille
  • Réalisation : Cédric Klapisch
  • Scénario : Cédric Klapisch, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri
  • Musique originale: Philippe Eidel
  • Durée : 100 minutes
  • Date de sortie : 6 novembre 1996

RécompensesModifier

  • César 1997 : César du meilleur acteur dans un second rôle pour Jean-Pierre Darroussin
  • César 1997 : César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Catherine Frot
  • César 1997 : César du meilleur scénario original ou adaptation pour Cédric Klapisch, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri
  • Prix Lumière du meilleur réalisateur pour Cédric Klapisch

NominationsModifier

  • César 1997 : Meilleur réalisateur pour Cédric Klapisch
  • César 1997 : Meilleur film
  • César 1997 : Meilleur second rôle féminin pour Agnès Jaoui
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