FANDOM


Une belle fille comme moi est un film français réalisé par François Truffaut, sorti en 1972.

Analyse critiqueModifier

Un jeune sociologue, Stanislas Prévine, préparant une thèse sur la criminalité féminine, se rend à la prison interroger Camille Bliss, une belle fille accusée de divers crimes et tentatives de meurtres. Il se rend à l'évidence que les amants de Camille ne durent pas. Elle prononce une phrase bizarre à ce sujet: " Mettez-vous à ma place, j'avais quatre mecs sur les bras, j'aurais pas couché avec eux sans raison, j'suis pas comme ça, moi! "

Déjà enfant, Camille ne fut peut-être pas étranger à la mort accidentelle de son père. Plus tard, elle se fait épouser par un rustre, Clovis Bliss, dont la mère cache un magot. En attendant de trouver les sous, Camille, fatiguée par son nigaud de mari, prend pour amant un chanteur, Sam Golden, qui prend son plaisir en écoutant un enregistrement de course de voitures.... Après des films graves, François Truffaut éprouve le besoin de prendre vivement le contrepied de la manière dont il a représenté les extrémités et les contradictions du sentiment amoureux, de se moquer de lui-même, ainsi qu'il le dira à la sortie d'Une Belle Fille comme moi. Il ne s'agit pas seulement d'autodérision, mais plus simplement d'une autre facette de lui-même qu'il a moins souvent montrée, plus potache et blagueuse, faite d'insolence, de vulgarité et de crudité joyeuse, assortie d'un goût du calembour à deux sous.

Une autre facette connue de ses proches et de ses amis, plus volontiers libérée dans certaines de ses lettres parsemées de jeux de mots, ou dans les articles d'érotomane qu'il écrivait parfois pour les Cahiers du cinéma et signait en général du nom de Robert Lachenay, mais plus rarement exploitée ouvertement dans ses films, sinon par intermittences, notamment dans Tirez sur le Pianiste. En s'entourant pour l'accompagner dans cette aventure d'excellents comédiens dont il sait qu'ils joueront jusqu'au bout avec lui la farce avec sincérité, il décide d'y aller franchement, de s'en donner à cœur joie, mais le public sera surpris et le film sera, à sa manière, aussi mal compris en 1972 que les Deux Anglaises l'année précédente.

Dans ce film le dialogue est absolument particulier : il ne s'agit presque jamais de dialogue informatif mais en réalité d'un argot à la fois très moderne et très poétique qui assure une très grande partie de sa force comique.

Cette identité du langage, Truffaut l'a scénarisée et mise en scène à l'intérieur même du film, lorsque Stanislas montre à Camille les épreuves de son livre. Surprise de Camille se lisant : «" cet enfoiré de Clovis, j'ai bien vu qu'y voulait encore me chanter Ramona, alors j'ai couru pour aller m'enfermer aux chiottes, seulement voilà, y m'a attrapée au passage et y m'a balancée au travers du pageot" Oh dis donc, c'que c'est mal écrit, j'croyais qu'vous étiez professeur... Alors vous avez rien corrigé du tout?». El Stanislas de répondre : Mais, Camille, c'est votre langage, il est à vous, il est aussi personnel que vos empreintes digitales.

La forme est assez déroutante avec des flash-back en série, qui permettent de souligner les décalages entre le récit entendu et les images montrées. La parole peut être un outil redoutable, mais aussi un piège pour celle qui la manipule.

DistributionModifier

Fichier:Bellefilli02.jpg

Fiche techniqueModifier

Fichier:Bellefilli01.jpg
  • Le tournage s'est déroulé dans l'Hérault (Béziers...) et dans le Languedoc-Roussillon, du 14 février au 12 avril 1972..
  • À noter, les apparitions du scénariste Jean-Loup Dabadie (un photographe), de Jean-François Stévenin (le vendeur de journaux) et du réalisateur François Truffaut (un journaliste).



Retrouvez tous les détails techniques sur la fiche IMDB

Sauf mention contraire, le contenu de la communauté est disponible sous licence CC-BY-SA  .