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Yoshihiro Tatsumi ( japonais 辰巳 ヨシヒロ, Tatsumi Yoshihiro) mangaka né en 1935 à Ôsaka, au Japon. Il est reconnu comme un des pionniers du style gekiga de la bande dessinée indépendante nippone.

BiographieModifier

Yoshihiro Tatsumi nait à Ôsaka le 10 juin 1935. À 14 ans, il rencontre Osamu Tezuka qui habite alors Ôsaka et lui donne par la suite des conseils. Il débute en 1954 avec la nouvelle Kodomojima (こどもじま?, « L'île aux enfants »).

En 1957, il invente pour qualifier son travail le terme « gekiga ». Il crée en 1959 l'« atelier du gekiga » (劇画工房, gekiga kōbō) avec Shōichi Sakurai (桜井 昌一), Fumiyasu Ishikawa (石川 フミヤス), Masahiko Matsumoto (松本 正彦), Kei Motomitsu (K・元美津), Susumu Yamamori (山森 ススム), Masaaki Satō (佐藤 まさあき) et Takao Saitō (さいとう・たかを).

Le gekiga est un style de manga dont la cible éditoriale est les adultes. Il signifie littéralement « dessins dramatiques ». Ce terme contient l'idée de drame (geki) et, par analogie phonétique, l'idée de violence, de force, d'intensité. Par extension, le gekiga désigne les œuvres publiés dans les années 1960, 1970 qui abordent des sujets graves censés correspondre aux préoccupations ou à la sensibilité des adultes. Nombre d'entre elles furent éditées dans le magazine Garo. Un gekigaka est un auteur de gekiga.

Il reçoit en 1972 le prix de l'association des auteurs de bande dessinée japonaise pour Hitokuigyo (人喰魚, « Poisson cannibal »).

De 1995 à 2006, il écrit Gekiga hyōryū (en) (劇画漂流, « Un rescapé du gekiga », publiée en France sous le nom Une vie dans les marges), fresque historique autobiographique, publiée dans le magazine Mandarake Zenbu. Il obtient pour cette œuvre le Grand prix du prix culturel Osamu Tezuka en 2009.

Ses œuvres ont été traduites en plusieurs langues : anglais, chinois, espagnol, français, indonésien, italien, polonais, ou encore portugais. En France, il parait très tôt dans Le Cri qui tue (1978-1981), puis en 1983, deux histoires courtes Good-bye et Enfer sont éditées par Artefact sous le nom de Hiroshima, toujours sous l’impulsion d'Atoss Takemoto, créateur du Cri. En Amérique du Nord depuis 2002, l'éditeur canadien Drawn and Quarterly s'est lancé, en collaboration avec le bédéiste américain d'origine japonaise Adrian Tomine, dans la publication annuelle et en plusieurs volumes de son travail, divisées par périodes depuis 1969.

Une adaptation de Gekiga hyōryū en film d'animation par le singapourien Eric Khoo, nommée Tatsumi, est sortie à Singapour en septembre 2011, après avoir été présentée au festival de Cannes 2011 dans la compétition Un certain regard. Le film sort en France le 1er février 2012. Il reprend également cinq histoires courtes de l'auteur : L'Enfer, Monkey mon amour, Juste un homme, Occupé et Good bye.

Son œuvreModifier

  • Kodomojima (こどもじま, « L'île aux enfants »), Tsuru shobō, 1954
  • Kuroi fubuki (黒い吹雪, « Blizzard noir »), Hi-no-maru bunko, 1956
  • Hitokuigyo (人喰魚, « Poisson cannibale »), Hiro shobō, 1970
  • Daihakken (大発見, « Grande découverte »), Seirinkōgeisha, 2002 (Coups d'éclat, Les Larmes de la bête et Good bye, Vertige Graphic, 2003, 2004 et 2005)
    • Un grand coup (connu aussi sous le titre Juste un homme), janvier 1972, 20 pages
      Saburō Hanayama va bientôt partir à la retraite. Déprimé à l'idée de devoir passer ses journées avec sa femme qui ne s'intéresse qu'à sa pension, il décide de dépenser tout son argent avec des femmes et ainsi de tromper sa femme pour la première fois. N'arrivant pas à ses fins, il décide de dépenser son argent et une avance sur sa retraite en jouant aux courses. Mademoiselle Okawa, sa secrétaire, l'invite alors à dîner. Elle vient de rompre avec son ami, celui-ci ayant décidé d'en épouser une plus riche.
    • Occupé, mars 1970, 12 pages
      Mr Shimokawa, jeune mangaka spécialisé dans les kodomos pour enfants, apprend que la publication de sa série est arrêtée. Alors qu'il se trouve dans les toilettes, il découvre sur les murs des dessins obscènes qui l'intriguent. Il trouve un certain réconfort et une inspiration dans ces graffitis. Plus tard, il est interpellé par l'éditeur d'un magazine pour adultes, Burei magazine, qui lui propose de travailler pour lui.
    • Nos chemins se séparent, février 1970, 24 pages
      Ken est ivre dans un bar. Alors que les propriétaires du bar l'emmènent dans une chambre pour qu'il se repose, il repense à un évènement survenu alors qu'il était au collège. Un jour où il se rend chez son ami, Yoshio, il surprend la mère de celui-ci en train de faire l'amour avec un homme. Cette vision le bouleverse.
    • Who are you ? Le scorpion, décembre 1969, 20 pages
      Matsuda est récemment sorti de prison où il séjournait pour être entré dans une base américaine dans le but d'y voler un pistolet. Il travaille à présent sur un chantier, sous l'autorité d'un chef qui ne l'aime pas et qui a une aventure avec l'une de ses employés. Il est marié avec une femme qui le trompe. Un jour, il trouve un scorpion dans une boîte de conserve et décide de le garder.
    • La nourrice, mai 1970, 16 pages
      Akemi est aux petits soins avec son mari qui prépare le concours du meilleur premier roman d'une revue littéraire. Elle l'entretient tellement qu'il se sent comme son animal de compagnie, dépendant d'elle et incapable de s'occuper de lui-même. Il décide alors de partir et de trouver un travail.
    • La colline où abandonner les siens (1970) un fils vit avec sa mère grabataire dans un petit appartement avec des parties communes. Pour pouvoir recevoir sa jeune et jolie fiancée, où loger sa mère?
    • Les larmes de la bête (1971) Retrouvailles pénibles entre Hidé, Sayo et Yota le fils de leurs anciens patrons. Une histoire de sexe bien sordide. Mais qui est réellement la bête ?
    • Le pied (1971) M. Yamano est riche, fétichiste des pieds mais aussi un bienfaiteur pour les enfants pauvres de l'école de la ville. Cela peut-il réellement suffire pour vivre ?
    • Retrouvailles (1990) Le jeune M. Kamiyama est un ancien universitaire diplômé mais il semble plus mort que vivant. Son métier aux pompes funèbres Chiba lui convient donc parfaitement jusqu'à certaines retrouvailles un peu sordides avec son ancien amour, décédée.
    • La grue de papier - lettre à M.S., octobre 1984, 30 pages
      Agawa est un étudiant asiatique envoyé à Paris suite à une tentative de viol. Il est amoureux de Françoise depuis que celle-ci a admiré une grue en papier qu'il avait fait, mais celle-ci le reprend sans cesse sur ses erreurs de prononciation ce qui le fait déprimer. Il confie sa peine à M.S, ancien étudiant à Paris, avec qui il correspond par lettres.
    • Monkey mon amour, juillet 1970, 30 pages
      M. Yoshida, ouvrier à Ueno, possède un singe qui lui tourne toujours le dos. Un jour qu'il prend le métro, il se trouve forcé par la foule de descendre avant son arrêt. Il se rend alors dans un zoo où il rencontre Reiko. c'est alors qu'il décide de démissionner mais le jour même il a un accident de travail et perd un bras. Il revoit ensuite Reiko mais se rend compte que celle-ci n'était intéressée que par son argent. Il décide alors de ramener son singe au zoo et celui-ci est alors rué de coups par les autres singes.
    • Goob bye, mai 1972, 16 pages
      Joe, un militaire américain aime Mari, un prostitué japonaise et souhaite l'épouser et l'emmener aux Etats-unis. son père vient alors lui rendre visite, celle-ci n'est pas heureuse de le voir et après lui avoir donné de l'argent lui demande de ne plus jamais revenir. Quelques jours plus tard, le GI est rentré aux Etats-unis retrouver sa femme est ses enfants. Mariko est désespérée et en colère. À la visite de son père, ivre, elle se déshabille et l'enlace.
    • Une grande découverte, décembre 1998, 20 pages
      Au lendemain du passage à l'ère Heisei, Mr Moroboshi travaille dans l'immobilier pour une entreprise en pleine essor. Mais l'éclatement de la bulle spéculative japonaise lui fait perdre une partie de son salaire. Il apprend alors qu'il a du diabète et commence à perdre ses cheveux. Un jour, alors qu'il court sur les conseils de son médecin, il tombe. Depuis, il marche en permanence à reculons.
  • Daihakketsu (大発掘, « Grandes fouilles »), Seirinkōgeisha, 2003 (L'Enfer, Cornélius, 2008)
    • L'enfer
      Un photographe de guerre immortalise, en 1945, juste après le bombardement d'Hiroshima, sur le mur d’une maison délabrée, l'ombre d’une scène entre une mère et un fils gravée par le flash lumineux de la bombe H. Le fils semble masser le dos de sa mère. La photo de cette touchante ombre chinoise devient le symbole de l’horreur d’Hiroshima, le photographe un dévot de la paix. Or, on apprendra bientôt que la scène est trompeuse, en fait le fils étranglait sa mère et a survécu au drame, mais la morale, elle, s’installe et ne changera pas : il faut regarder, il faut bien regarder. L’imagination, contrairement à ce que l’on voudrait croire, n’est pas au pouvoir.
  • Gekiga hyōryū (劇画漂流, « Un rescapé du gekiga »), Seirinkōgeisha, 2008 (Une vie dans les marges, Cornélius, 2011)

RécompensesModifier

  • 1972 : prix de l'association des auteurs de bande dessinée japonaise pour Hitokuigyo.
  • 2005 : prix spécial du Festival d'Angoulême 2005.
  • 2009 : Grand prix du prix culturel Osamu Tezuka pour Une vie dans les marges, à égalité avec Le Pavillon des hommes de Fumi Yoshinaga.
  • 2010 : Will Eisner Award de la meilleure parution aux États-Unis d'une œuvre asiatique pour Gekiga hyōryū.
  • 2012 : Prix regards sur le monde pour Une vie dans les marges au Festival d'Angoulême
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